Toucher la Ville

TEXTE PREPARATOIRE POUR LE COLLOQUE LA VILLE SENSUELLE, COLLEGE DE FRANCE
TOUCHER LA VILLE


De manière surprenante, le toucher est sans doute, des cinq sens, celui que la ville sollicite le moins. Si nous arpentons bien la ville en tous sens, si nous en sentons le territoire sous nos chaussures, reste que nous avons peu l’habitude de toucher la ville pour la toucher, de nous inscrire avec celle-ci dans une relation tactile où l’épiderme frôle et caresse le grand corps urbain pour en retirer des sensations d’exception. Nos mains sur les rampes d’escalier, nos doigts s’accrochant aux poignées de maintien dans le métro ou le bus, l’extrémité de notre index pesant sur les boutons d’ascenseurs sont le signe d’une relation peu soutenue, qui révèle le plus clair du temps l’indifférence (pourquoi toucher la ville ?) sinon la réticence voire la répugnance (mieux vaut-il peut-être ne pas toucher la ville, sale, polluée, porteuse d’infections).
Ceci n’empêchant pas que la ville, dans certains cas ou par certaines populations, soit plus « touchée » qu’attendu. Les aveugles, les SDF, les artistes (le collectif UNTEL et ses Appréhensions du sol urbain, dans les années 1970), par nécessité ou par désir d’expérimenter, s’avèrent ainsi des grands « toucheurs » de la ville.

La suite en PDF

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