Le Figaro – Arts Expositions : L’origine du monde : réactions d’écrivains


L’Origine du monde de Courbet (1866). Crédits photo : STR New / Reuters

Que reste-t-il de la provocation de Courbet aujourd’hui ? Paul Ardenne, historien de l’art et écrivain et Christine Orban, écrivain, se livrent.

• Paul Ardenne: «La provocation aujourd’hui? La pudeur»
Ce n’est pas tant la pose de la femme, obscène mais classique dans l’œuvre dessiné, gravé et surtout photographié, qui fait de L’Origine du monde l’objet du scandale. Ces images n’entraient pas au musée, restaient dans le répertoire pornographique. En sortant de sa pénombre discrète et interlope par le biais de la peinture, cette mise à nu de la féminité change de sens. On a toujours dit que Courbet avait peint son amante, Jo l’Irlandaise.

Conformément à son Manifeste du réalisme de 1885, Courbet peint son époque telle quelle et rompt avec l’académisme d’un corps féminin idéalisé de manière appollonienne, petits seins, sexe esquissé et sans poils. Rappelons-nous que Napoléon III a frappé de sa canne l’Olympia de Manet, en signe d’indignation.

Ce qui est nouveau – que Courbet ait coupé en deux le tableau ou qu’il se soit concentré sur un seul sujet -, c’est qu’il en résulte un portrait du sexe féminin. Contrairement au visage, le sexe n’identifie pas. Cette vision renversante a passionné la modernité, de Duchamp à Lacan. Après le symbolisme éthéré, l’art moderne d’un Egon Schiele examine la femme au plus près de son sexe rouge dans Contemplée en rêve. Picasso doublera sa production de séries érotiques, de scènes de copulation, y compris zoophiles avec le Minotaure. Dans l’orbite du freudisme, les surréalistes y verront l’amour fou et l’inconscient, de Dali à Breton. Dans les années 1970, les féministes le revendiqueront crûment dans leurs performances, d’Annie Sprinkle à Orlan. La Viennoise Valie Export en tirera son action dite Panique génitale contre les spectateurs d’un ciné porno. En 1996, Elke Krystufek poussera le geste jusqu’à la masturbation dans un «group show». Aujourd’hui, la provocation ultime serait… la pudeur!

(…)

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