A propos de Baselitz

Georges Baselitz fut un jour un peintre intéressant. Il est aujourd’hui doublement “has been” : non seulement ses peintures n’intéressent plus personne, si ce n’est quelques marchands désespérés – mais qui plus est, il raconte au “Spiegel” des inepties de premier ordre. Publier des inepties est l’une des caractéristiques qui fait imparablement reconnaître les “has been” en mal de visibilité. Et ça marche : la preuve, je me sens le devoir de vous en parler. Au secours !

Dialogue :
Spiegel: The market only embraces a few women. There are hardly any women among the most expensive artists.
Baselitz: Oh God! Women simply don’t pass the test.
Et au Spiegel qui demande quelques précisions, le PVC répond : Women don’t paint very well. It’s a fact. … She is no Picasso, no Modigliani and no Gauguin.

Il est vrai, Picasso ne fut pas Picassette ni Gauguin Gauguette… Conclusion provisoire : les femmes ne peignent pas very well et ne passent pas le test du marché. C’est un fait, paraît-il. Notre Grand Maître Artemisia s’en retourne dans sa tombe. Conclusion définitive : Le pauvre vieux Baselitz devrait retourner sur les bancs de l’école et étudier, lui qui ne semble connaître ni Rossen Crow ni Marlen Dumas, ni Nicole Eisenmann ni Valérie Favre, ni Suzan Frecon ni Karen Kilimnik, ni Elisabeth Peyton ni Fiona Rae, ni Pat Steir ni Sue Williams, pour n’en citer, bien sûr, que quelques-unes. Qu’il étudie aussi, toute la peinture russe et ses merveilleuses représentantes, lui qui vient de l’est. Nous sommes là, on lui fera passer l’examen de sortie. Peu de chances qu’il passe le test.

Mais dites moi, outre renvoyer le coupable aux démonies, on fait quoi dans ce genre de cas totalement désespérés ?
S’indigner bien sûr, indispensable. Car qui ne dit mot consent. Voilà qui est fait. Ensuite ? Ignorer est probablement tout aussi indispensable, afin d’éviter le risque que Baselitz ne réitère ses inepties, émerveillé par le fait qu’enfin la toile parle de lui…

Article de Barbara Polla publié dans Les Quotidiennes le 20 mars 2013

L’interview de Georg Baselitz sur le Huffington Post

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