Avant le départ du sublime voyage, art nOmad était sur France Inter

Capture d’écran 2015-10-13 à 12.12.44©Laurent Perbos

Pour écouter le podcast de l’émission de France Inter, cliquer ici

Pour obtenir plus d’informations sur art nOmad, lire la présentation parue sur le site de l’Institut Français en cliquant ici

 

 

« Eeriness est un projet qui consiste à donner vie à certaines statues, non pas en animant leur forme, mais plutôt en les dotant d’un sentiment. Celui de la tristesse par exemple, qui pourrait se matérialiser par des larmes qui coulent, ou bien le sentiment de souffrance qui verrait perler des gouttes de sang d’une plaie ouverte.
Je n’imagine pas une animation mécanique de ces statues, ni même une représentation picturale des larmes et du sang, mais je vise, plutôt, à les doter d’une émotion réelle. »

Ainsi Laurent Perbos décrit-il Eeriness (Livie), une de ses créations datant de 2012, dont l’apparence se conforme à cette description. Une copie en résine d’une célèbre statue romaine, celle d’une Livie dont ne reste que la tête, se présente à nous pleurant sur son socle. Ses pleurs, colorés, odoriférants, n’évoquent les larmes qu’allusivement. Car leur couleur, leur odeur, leur réalité est ici celle du vin, un vin rouge qui dégouline en fontaine le long de ses joues jusqu’à inonder le socle jusqu’au sol.

Modèle de l’épouse impériale – elle fut la deuxième femme d’Auguste, le premier des empereurs romains, et la mère de Tibère, son successeur –, symbole du pouvoir régalien acquis par de rares femmes de l’aristocratie romaine, protectrice des mères de famille et, plus encore, grande intrigante politique, Livie offre pour l’occasion une attitude inattendue. La voici saisie d’une maladie inexplicable, victime d’un curieux miracle ou subitement détentrice de dons surnaturels. Le vin qui jaillit de ses paupières en ferait pour un peu une servante de Bacchus, il vient exacerber ce que furent dans la réalité ses pouvoirs, y compris son élévation post mortem au rang de déesse, dans le sens de l’aberration. En vérité, on a beau chercher, convoquer et interroger notre connaissance de l’histoire latine, on ne voit décidément pas quelle raison Livie a de pleurer du vin.

Pour lire le pdf dans son intégralité, cliquer ici.

Paul Ardenne / Livie pleure le vin du désordre

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