“Trois minutes avant la fin du monde”, demain soir au Musée de la chasse et de la nature

VIDEO FOREVER 27  *VISION ECOLOGIQUE*

Mercredi 16 mars, 19h30

@ Musée de la Chasse et de la Nature
Rue des Archives, 75003 Paris
Entrée libre – réservation à l’adresse : reservation@chassenature.org

Conférence introductive et présentation des vidéos par Paul Ardenne

Capture d’écran 2016-03-15 à 11.06.02

Avec, entre autres, Rosa Barba, Daniel Beerstecher, Joseph Beuys, Ursula Biemann, Camille Goujon, Elmas Deniz, Simon Faithfull, Christiane Geoffroy, Markus Hoffmann, Nancy Holt, Antti Laitinen, Clare Langan, Janet Laurence, Joanna Malinowska, Gustav Metzger, Lucy + Jorge Orta, Jacques Rougerie, Su Rynard, Robert Smithson.

Commençons par ce constat livré il y a peu, le 15 février dernier (2016), par un journaliste de Planète.info, Christophe Magdelaine. Titre de l’article : « 2016 : trois minutes avant la fin du monde » – rien d’alarmiste en cet intitulé-ci, précisons-le, en dépit du catastrophisme affiché, l’auteur ne faisant que rendre compte de l’heure marquée par la Doomday Clock, tout juste réajustée.

« L’horloge de l’Apocalypse ou de la fin du monde (Doomsday Clock) fut créée en 1947, peu de temps après les bombardements atomiques américains sur le Japon, par les membres du Bulletin des scientifiques atomistes (BAS), basé à l’Université de Chicago. Cette association, qui compte pas moins de 17 prix Nobel avertit la communauté internationale : ‘’la probabilité d’une catastrophe mondiale est très élevée’’, faisant avancer l’horloge de 3 minutes en 2015, le premier ajustement depuis 2012” (source : notre-planete.info, parution du 20 février 2016).

Intertitre du paragraphe : « Changement climatique : il est déjà trop tard ». Contenu, pour partie : « Malgré des développements modestement positifs dans le domaine du changement climatique, les efforts actuels sont absolument insuffisants pour éviter un réchauffement catastrophique de la Terre”, soulignent les chercheurs. Et pourtant, fin 2015, la COP21 a suscité un immense espoir : “L’Accord de Paris est un triomphe monumental pour les gens et notre planète”, avait alors déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. En fait, il n’en est rien : l’Accord de Paris est déjà impossible à tenir et sans moyens d’action. En outre, l’année 2015 a été la plus chaude depuis 1880 et les “engagements volontaires pris à Paris pour limiter les émissions de gaz à effet de serre sont insuffisants pour éviter le drastique changement climatique” réaffirment les membres du BAS (Bulletin of the Atomic Scientists), début 2016. Sivan Kartha, membre du Conseil de la science et de la sécurité du BAS et chercheur à l’Institut de Stockholm pour l’environnement, a déclaré : “les émissions de gaz à effet de serre mondial sont maintenant 50% plus élevées que ce qu’elles étaient en 1990. Depuis 2000, les taux d’émission ont augmenté plus rapidement encore que les trois précédentes décennies combinées. Les investissements ont continué à se porter vers les combustibles fossiles à un rythme qui dépasse les 1000 milliards de dollars par an, auxquels il faut ajouter des centaines de milliards de dollars de subventions. »

Bienvenue dans un monde potentiellement mort, s’il faut en croire les membres du BAS.

Bienvenue dans un espace de la catastrophe annoncée et vraisemblablement irréversible. Ceci dit non sur le mode d’un Günther Anders, le “semeur de panique” allemand, mais en toute rationalité.

Bienvenue dans un espace de la catastrophe écologique en cours de constitution, et dont l’avenir profile cette conséquence, le changement radical des modes de vie, soit dans le sens de la prédation, de la violence, de la précarité, soit, tout au contraire, dans le sens de la solidarité, de la compassion et du partage généralisés. Un changement qui sera ce que nous en ferons, en fonction du quota de nos égoïsmes, de nos choix, de nos lutes si nous décidons de lutter, dans un sens ou dans l’autre.

La conception écologique qui en découle, vision générale, vision artistique, ne fait évidemment pas l’économie de cette probabilité catastrophique, comme nous allons le voir maintenant.

Ce pire que nous avons commencé à affronter, et j’en viens à notre thème de ce soir, il conditionne de fait la vision écologique, notre vision écologique, comprendre : la nature de nos représentations de ce qui constitue l’écologie en son sens premier, forgé au 20ème siècle – pour rappel, d’après l’étymologie Oikos-logos, à savoir “le discours, la science de la maison” (“éco-” correspond à “oikos”, “la maison”, et “-logie”, de “logos”, au “discours”, à “la parole”, à “la science”).

Dans la perspective du pire, ce thème de la “maison” est important, en matière de vision écologique en particulier. Simple changement d’échelle, en l’occurrence, la “maison” n’est plus le logis où nous résidons, le foyer, le Heimat mais ce grand logis, ce grand foyer, ce grand Heimat qu’est la planète Terre : la “maison mère”, ou la “mère maison”, notre environnement vital, la maison générale qu’occupent tous les Terriens jusqu’à nouvel ordre.

Il est bien entendu que les artistes, plasticiens notamment, qui nous intéressent au premier chef, ont à coeur, depuis un bon demi-siècle à présent, d’interroger notre rapport à l’écologie, à la vie dans notre “maison mère” ou notre “mère maison”. Petit tour de piste, très rapide, avant d’aborder la question de la vidéo proprement dite.

Merci à Istanbul Modern, aux commissaires de l’exposition « Till it’s gone » : Çelenk Bafra & Paolo Colombo ; à IkonoTV’s, « Art Speaks Out », commissariat : Vanina Saracino, pour l’inspiration ; et à Nicolas Etchenagucia pour les recherches.

Capture d’écran 2016-03-15 à 11.13.12

 

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s