«Nous vivons à l’ère de l’industrie culturelle, qui vise l’opinion de masse consensuelle»

capture-decran-2016-09-15-a-12-49-30

Le 19 septembre, Libération s’associe à la Maison de la danse de Lyon pour la rencontre «La culture aux citoyens», à l’Université Catholique de Lyon. Paul Ardenne participera au débat «L’art où on ne l’attend pas». Inscrivez-vous ici.

L’art où ne l’attend pas – c’est-à-dire hors des centres spécialisés, des musées et autres festivals ? Ne rêvons pas trop. Nous vivons à l’ère de l’industrie culturelle, qui vise l’opinion de masse consensuelle, la convention et la normalisation du goût. Artistes à la mode, œuvres faciles, spectateurs bovins aguichés à coups de sanctifications médiatiques acritiques, lieux dédiés si possible spectaculaires (la récente Fondation Vuitton à l’orée du bois de Boulogne, la prochaine énième Fondation Pinault à l’ancienne Bourse de commerce de Paris…, outre les centres d’art institutionnels, en nombre) : on en est là. L’objectif, dont l’Occident fait dorénavant son fonds de commerce culturel, c’est le «Festivus Festivus», comme le désignait le regretté Philippe Muray. Il faut que l’art soit une fête qui se consomme comme se consomment aujourd’hui les séries TV, les sushis sans gluten, la naturopathie ou les romans de Houellebecq, Pancol ou Musso, en vrac.

Une forme de populisme ?

Le «culturel» contre la culture, donc. Avec cette évidence : l’heure n’est plus guère à la surprise artistique, sauf conditionnée. JR, le nouveau Jean-Michel Jarre de l’art contemporain, intervient à l’île Saint-Louis ou au Panthéon en y exposant des portraits gigantesques, bravo, tout le monde applaudit. C’est grand (le macro sidère toujours le chaland), c’est sympa (on peut y aller avec ses enfants) en plus de quoi c’est social (pardi, il y a du vivant, dans les photographies exposées, des «vrais gens»). L’esplanade de La Défense, l’automne dernier, a été officiellement offerte aux tagueurs avec murs adaptés, de parfaits spots pour un spectacle de peinturlure offert en direct. Géant mes frères-mes sœurs ! De quoi se plaindre ? L’art contemporain est grand et l’artiste animateur des foules enchantées est son prophète. Vous avez dit populisme ? Vous établissez un parallélisme avec le Mélanchon et la Le Pen en politique ? Vous pourriez bien avoir raison.

Pour lire l’intégralité de la tribune parue dans Libé, cliquer ici.

Et pour en savoir plus à propos de débats “La culture aux citoyens, ensemble !”, cliquer ici.

Advertisements

One response to “«Nous vivons à l’ère de l’industrie culturelle, qui vise l’opinion de masse consensuelle»

  1. Rien que pour ces mots, un grand merci ! “JR, le nouveau Jean-Michel Jarre de l’art contemporain, intervient à l’île Saint-Louis ou au Panthéon en y exposant des portraits gigantesques, bravo, tout le monde applaudit. C’est grand (le macro sidère toujours le chaland), c’est sympa (on peut y aller avec ses enfants) en plus de quoi c’est social (pardi, il y a du vivant, dans les photographies exposées, des «vrais gens»).”

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s