“L’art de l’anthropocène est un art de combat”

Que peut l’art face aux grands désordres écologiques ? A priori, pas grand-chose. Pourtant, un nouveau courant émerge depuis quelque temps. Préoccupé par les enjeux environnementaux, inspiré par la nature, adepte de processus de réemploi et de pratiques douces, cet art écologique s’affirme comme un combat de conscience.

Interview avec l’historien de l’art et commissaire d’exposition Paul Ardenne, auteur du récent Un art écologique, premier (et bel) ouvrage de référence sur ce sujet, paru le 20 octobre dernier aux éditions Le Bord de l’Eau (2018).


Comment définissez-vous l’art écologique ?

C’est un art dont l’une des grandes caractéristiques est un attachement fort au monde naturel, au paysage, au végétal, à l’animal. Certains artistes vont s’emparer de grands problèmes – la pollution, la montée des eaux, le réchauffement climatique, la fonte des glaciers, l’effondrement de la biodiversité, etc.

Un art vraiment écologique est fondé sur un principe d’éthique, incontestablement. Si la création doit être grandiloquente, destructrice de l’environnement, comme l’a été Olafur Eliasson avec Ice Watch (l’artiste a fait déplacer des morceaux de banquise pour une installation à Paris lors de la COP21, suscitant des polémiques autour de son impact environnemental, ndlr), ce n’est pas un art écologique, c’est un art “du consensus écologique”, qui en parle parce que c’est à la mode. Au fond, la vérité d’une œuvre d’art écologique est son humilité, et sa très grande générosité.

L’artiste se dépouille de sa singularité au profit d’un discours profondément humaniste et empreint de positivité.

Les formes les plus radicales sont celles qui s’associent à du paysagisme ou du jardinage : des artistes comme Mel Chin ou Free Soil travaillent à une remédiation, c’est-à-dire à rétablir un certain lien à la nature dans sa pureté “originelle”. Ils replantent par exemple des espèces disparues.

L’art écologique recouvre donc un ensemble de propositions très variées : il peut s’agir de formes extrêmement belles et simples qui transcendent le rapport sensible qu’on peut avoir à la nature, pour réapprendre à aimer son environnement, ou, à l’autre bout du spectre, d’œuvres carrément politiques qui incitent non seulement à regarder mais aussi à faire, à agir, à dépasser le spectacle pour devenir un “spectacteur“.

Pour lire le reste de l’entretien, cliquer ici

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