“HUMANIMALISMES” | Vernissage vendredi 7 février

Robert Gligorov, King Fish – détail – 1998 – capture d’une performance live, photo Cibachrome sur aluminium. © Courtesy de l’artiste et d’Aeroplastics, Bruxelles.

Vernissage Vendredi 7 février 2020 à 18h – 21h
Performance dans le cadre du vernissage de Polina Dubchinskaia
Exposition du 8 février au 4 avril 2020
Topographie de l’Art – 15 rue de Thorigny, 75003 Paris

La convocation artistique de l’animal, de plus en plus intense dans le champ de l’art postmoderne, a une raison d’être « identifiante » : l’animal, à sa façon particulière, porte un peu de notre mystère d’humain, « son-corps », en une proportion délicate à établir, est « mon-corps ». Le « devenir animal » (Gilles Deleuze), selon une logique anti-cartésienne, évolue en un « devenir humain ».

L’humain, lui aussi, est un « animal ». Il dérive biologiquement du même rameau que le chien ou, en amont, que la méduse, très vieille ancêtre, au gré des accidents naturels, du « hasard » et de la « nécessité » de l’évolution, ont pu dire les biologistes François Jacob et Jacques Monod. « L’animal que donc je suis », admettait le philosophe Jacques Derrida. Comment oublier que les premières sépultures humaines cumulent ossements humains et animaux ? Que la domestication graduelle des animaux a permis et accéléré, par l’apport d’énergie qu’elle autorise, l’évolution matérielle des hommes ? Qu’il nous est arrivé à nous, humains, de nous comporter comme des « animaux », en reproduisant sans égard pour notre prochain le principe du Struggle for Life darwiniste : c’est là la thèse d’un Giorgio Agamben lorsque, évoquant les régimes totalitaires du XXe siècle, et le principe du droit du plus fort qui y prévaut, le philosophe italien décèle en ceux-ci une phase sans précédent d’« animalisation de l’humanisation » (Giorgio Agamben, Homo Sacer) ?

Une large part de notre potentiel affectif, loin de se diriger vers les humains, se destine aux animaux de compagnie, des zoos ou des réserves naturelles. L’artiste qui réquisitionne à son profit la figure de l’« animal » pour y mélanger sa propre figure d’être humain fait acte, de façon consentie, d'”humanimalité” (Michel Surya). Convoquant l’animalité, c’est aussi la pars animalis de lui-même qu’il fait remonter jusqu’à l’œuvre – en espérant que plus de sens soit donné, par le truchement de l’animal, à ce qu’il est. La stratégie humanimaliste de l’« animal-pour-l’art » est cognitive. Car « mon-corps » ne supporte pas de ne pas se connaître, de devoir supporter trop de doute. Animal, aide-moi à moins me méconnaître. (Paul Ardenne)

Artistes
Art Orienté Objet | Joseph Beuys | Tïa-Calli Borlase | Mat Collishaw | Alix Delmas | Jan Fabre | Robert Gligorov | Horst Haack | Joël Hubaut | Joachim Koester | Léa Le Bricomte | Catherine Mainguy | Joanna Malinowska | Maël Nozahic | Agnès Pezeu | Abraham Poincheval | Camille Sabatier

Dossier de presse : Humanimalismes

Image : Robert Gligorov, King Fish – détail – 1998 – capture d’une performance live, photo Cibachrome sur aluminium. © Courtesy de l’artiste et d’Aeroplastics, Bruxelles.

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