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Penser l’engagement intellectuel aujourd’hui ?

Complexités de l’engagement

Bien des choses ont été dites depuis le début de ces rencontres, l’essentiel, en l’occurrence : la difficile intégration du créateur contemporain dans un univers culturel vendu en large part au divertissement, au spectaculaire et à ses relais, les grands médias (des grands médias en France et autre part, rappelons-le, à peu près tous aux mains de grandes puissances d’argent), aux cultures de confort et caractérisé par la mise à la marge des propositions expérimentales.

D’où il ressort, au plus léger, une frustration des créateurs, au plus sévère, leur colère, le sentiment juste d’être méprisés, tenus pour nuls.

Cette situation n’est pas à proprement parler nouvelle. Elle émane des politiques d’encadrement culturel du second après-guerre, pas malvenues dans la mesure où ces politiques visent au départ à élargir l’accès à la culture, dans le cadre du développement de l’État-providence et de préoccupations sociales et solidaires étendues (c’est là l’esprit de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948, dont on vient de fêter le cinquantenaire). La situation que nous évoquons prend un tour problématique, cependant, lorsque l’encadrement culturel devient trop marqué, un phénomène qui émerge avec les années 1980 et que va renforcer l’irruption du postmodernisme, qui valorise avant tout la libre culture du goût personnel (“Si j’aime c’est bien et inversement”), contre celle de l’engagement ou de l’expérience qui caractérisait l’esprit moderne. Il en résulte, d’une part, l’éparpillement des propositions créatrices, d’autre part leur nivellement. Et pour les expériences créatrices singulières, qui perdurent, leur quasi exclusion.

La crise du modèle de l’universel, aujourd’hui constatée à l’échelle globale, en est l’aspect le plus seyant. Les valeurs de chacun remplacent les valeurs pour tous. L’intérêt particulier prend le pas sur l’intérêt général. Il n’y a plus de “directivité” culturelle réglée par l’attachement à de grands principes humanistes et par leur valorisation artistique mais, en lieu et place et sauf exception, une création polymorphe et multidirectionnelle, pas forcément attachée à ce qui avait pu longtemps “faire valeur”, notoirement les grands universaux – le bien, la solidarité, la non-violence, l’anti-racisme, le respect de l’autre, l’égalité des genres. La création qui en résulte est, pour sa plus large part, normative, et l’est d’autant plus dans les domaines de création qui ont un coût élevé, le cinéma et le théâtre par exemple, exigeant pour se perpétuer un financement et une mise sous tutelle matérielle qui a pour effet leur conditionnement. Cette création tend aussi à s’éparpiller, à se singulariser à l’extrême, elle adopte la forme fréquente d’une “extimité” où le créateur met en scène et en représentation sa propre vie indépendamment du souci du collectif. Il en résulte deux critères à même de définir la création contemporaine, d’une part, la normalisation obéissante, consensuelle, bien-pensante, d’autre part la personnalisation créative exacerbée, idiosyncrasique, née du “tempérament particulier” et de la personnalité psychique”.

L’ère culturelle où nous vivons combine comme jamais encore ces deux entrées. Cette combinaison crée une situation de tension. On y trouve d’un côté les grosses “machines” culturelles médiatisées à outrance et que le public consomme massivement. Et de l’autre côté, une création éparpillée, mal saisissable du fait de sa multiplicité proliférante, et qui échappe par nature à un large public. Création de masse et  création de niche cohabitent, sans que ces deux domaines puissent se rejoindre, s’unifier et collaborer.

Au regard de la question de l’engagement, cette situation a sa logique.

Concernant la création de masse, la notion d’engagement est d’office surfaite. On s’y contente en effet de suivre le troupeau et ses lubies, ses obsessions du moment, dopées à coups de relances médiatiques : on ne s’engage pas, on s’affilie. Si l’heure est aux migrants, on va réaliser tant et plus des oeuvres sur les migrants. Si l’heure est à #MeToo, des oeuvres sur #MeToo. Si l’heure est aux Gilets jaunes, des oeuvres sur les Gilets jaunes. Si l’heure est à l’antispécisme, des oeuvres sur l’antispécisme. Le suivisme remplace pour l’occasion l’engagement, il signale l’importance, dans la population culturelle, de la composante des créateurs et des amateurs non critiques, non inspirés, non singularisés.

Concernant cette fois la création de niche, la notion d’engagement, elle, s’y relativise à l’extrême : l’on s’y engage d’abord pour ce que l’on est, pour ce que l’on vit, pour ce que l’on se représente de soi-même et pour soi-même uniquement et exclusivement. Vous avez un problème d’intestins ? Vous faites des oeuvres sur les intestins. Vous raffolez de la pizza ou de la course de sacs ? Vous faites une oeuvre où la pizza et la course de sacs occupent le centre névralgique du processus créatif. Cette fragmentation tous azimuts est un bon signe, elle montre la vitalité du processus démocratique poussé à son plus petit commun dénominateur et diviseur, l’individualité accomplie. En contrepartie, elle implique de renoncer à la croyance en un engagement de masse. Celui qui ne milite que pour lui-même ne peut espérer rallier à sa cause une multitude de ses semblables.

Complexités, donc, de l’engagement culturel et, sans doute et par extension, de l’engagement en tant que tel. Si l’on s’en tient à l’actuelle conduite des créateurs (soit avec la masse, soit avec moi-même), il est clair que la notion même d'”engagement” devient obsolète. Comment s’engager, créateur, dans un univers culturel où le miroir est tourné, soit vers l’actualité du monde et ses soubresauts chaotiques, soit vers le sujet créateur lui-même ? Question ouverte, question à penser, question à débattre.

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La Forme Heureuse de Denis Sire : Paul Ardenne, nostalgique

Pour en savoir plus sur le Café Racer, cliquer ici

Interludes critiques – Carte blanche à Melanie Manchot

Dimanche 17 février 2019, à partir de 15 h
Concert, performance de freerun, rencontres et interventions proposées par des personnalités invitées à porter leurs regards personnels et subjectifs, critiques ou poétiques sur l’œuvre de Melanie Manchot.
Gratuit avec le billet d’entrée du musée.

—  Visite de « Open Ended Now » avec l’artiste Melanie Manchot et Frank Lamy, commissaire de l’exposition.

—  Rencontre avec Paul Ardenne autour de l’œuvre Tracer (2013).
Paul Ardenne est historien de l’art, commissaire d’exposition.
ll est l’auteur de nombreux ouvrages de référence sur la création moderne et contemporaine dont Art, l’âge contemporain (1997), L’Art dans son moment politique (2000), L’Image Corps (2001), Un art contextuel : Création artistique en milieu urbain, en situation, d’intervention, de participation (2009), Un art écologique (2018).

—  Performance de freerun dans l’espace d’exposition.
En écho à son œuvre Tracer, Melanie Manchot a souhaité inviter des freeruners à venir performer dans l’espace d’exposition. La French Freerun Family est un collectif rassemblant des acrobates, des vidéastes, des photographes et un kinésithérapeute. Le freerun est une pratique sportive qui consiste à développer des techniques de déplacement et ainsi fluidifier la gestuelle de corps sur le décor qui l’entoure.

Pour en savoir plus, c’est ici.

La volte-face éblouie d’Éva Magyarósi

 

Barbara Polla et Paul Ardenne permettent à la jeune surdouée hongroise du dessin Éva Magyarósi d’être, enfin, présentée à Paris. Un critique hors norme, et deux femmes d’exception qui se rencontrent. De quoi susciter la curiosité. La Diagonale de l’art a voulu comprendre les secrets de cette nouvelle alliance. EXPOSITION À DÉCOUVRIR AU 24BEAUBOURG jusqu’au samedi 16 février.

La passion de Barbara Polla femme médecin, écrivaine, mère, curatrice, ex-conseillère nationale libérale Suisse semble évidente lorsqu’on découvre le caractère de profusion hybride dont témoigne l’œuvre de la jeune artiste hongroise ! En regardant la vidéo de l’artiste projetée dans première salle d’exposition de la galerie 24 Beaubourg, nous demandons à la galeriste d’en expliquer sa genèse.

Barbara Polla : « Il y a 42 dessins qu’elle a fait pour préparer l’animation que l’on peut voir dans la première salle. Et ce sont tous des dessins qui datent de la fin 2018, début 2019. »

Le sentiment d’étrangeté mêlé à une douce cruauté est immédiat.

« Il y a toujours une dualité dans les dessins d’une part maudite, et un souffle de douceur. Ainsi ce qu’Éva Magyarósi dit des mains, est très beau. Les mains sont à la fois la caresse angélique, mais également la plaie, le coup, la violence ! »

Effectivement, une violence sourde est manifeste dans l’œuvre de l’artiste hongroise. « Mais elle est sublimée », ajoute aussitôt Barbara Polla.

« En Hongrie où elle enseigne elle est la star de l’animation – mais hélas, on ne la connait peu en France, à part le Château du Rivau en France où elle a fait une résidence récemment.«

De fait, Éva Magyarósi (Veszprém, 1981) est une artiste multimédia basée à Budapest. Elle crée des sculptures, des photographies, des dessins, des nouvelles et des vidéos. L’art vidéo est certainement son médium le plus remarquable car il combine toute sa palette de techniques de production. Ses œuvres peuvent être vues comme des récits privés, selon l’expression de Paul Ardenne qui assure le commissariat de l’exposition en partenariat avec Barbara Polla, des narrations intimes suspendus entre onirisme et réalisme. Elle est diplômée du département d’animation de l’Université d’Art-Design de Moholy-Nagy et a été honoré en 2018 par le grand prix hongrois UniCredit. Elle a également représenté la Hongrie à la Biennale de Kochi-Muzaris en 2018. Ses expositions personnelles majeures ont été présentées au musée Ferenczy, Szentendre en 2018; auparavant au Kunsthalle de Budapest en 2012. Ellea une galerie à Budapest depuis 2009 (Galerie Erika Deak). Les œuvres de Magyarósi figurent également dans d’importantes collections publiques et privées, notamment celles du MONA (Australie) et du Château du Rivau (France).

« D’abord elle fait des dessins comme elle voit le personnage de Tundra qui est un personnage non genré, ce n’est ni une fille ni un garçon, c’est Toundra. Et ensuite pour l’animer, elle va prendre une partie de la jambe, une partie du bras, le bâton séparément, la tête, et elle va introduire toutes ses différentes parties dans le programme d’animation. Ainsi, elle dessine les mains et ensuite elle va mettre les doigts dans le programme d’animation, pour animer, donner une « âme », et mettre en mouvement ses images. Pour cela, à l’instar d’un musicien, elle mixe ses images. L’œuvre d’Eva Magyarosi est d’une telle richesse qu’une exposition ne saurait suffire à en offrir un reflet fidèle. Installations, objets, sculptures, collages, vidéos… et le livre, l’un des chefs d’œuvres recelant en ses pages 120 dessins originaux, une vie d’artiste, entre chien et loup, intimité et sauvagerie, entre adultes et enfants, dans la magie des plaies ouvertes. La vidéo Invisible Drawings parle d’enfance, d’ancêtres, de transmission, du père bien aimé ; The Garden of Auras, jardin des délices version château français, parle de la puissance de l’imaginaire qui ressuscite même les cadavres enracinés dans les lierres d’un passé millénaire. »

Et pour mieux transmettre sa passion, Barbara Polla se fait traductrice de l’artiste :

« Comment puis-je raconter avec authenticité des récits privés dans un monde où l’industrie culturelle d’une part, et la nécessité de survie de l’autre, prospère simultanément, face à face ? Quelle importance accorder à la matérialisation de rêves personnels dans un monde aussi difficile, impitoyable que le nôtre ? Quelles sont les techniques et les méthodes, les symboles classiques et contemporains, que je puis utiliser pour désenclaver nos désirs, personnels et collectifs ? Mes œuvres existent tentent des réponses possibles à ces questions fondamentales pour moi. »

Le ton est donné… Nous ne serons pas déçu !

PAUL ARDENNE, RÉCITS TRÈS PRIVÉS

« C’est Barbara qui la fait connaître depuis une dizaine d’année maintenant. Ce qui la fait remarquer, c’est une œuvre de jeunesse appelée Fin du temps, des récits ciblés et corrélés à la vraie vie (comme dans Hanne, 2009, qui se nourrit encore de références à la vie privée de l’artiste). Le monde d’Eva Magyarosi est déjà construit autour d’une histoire simple et sobre entre jeunes adultes. Et ce qui m’a frappé immédiatement et m’a semblé extraordinaire, c’est d’abord ce choix du dessin animé, agrémenté à l’époque d’une technique d’incrustation de photos et d’images retravaillé sur des personnages déjà existant, des autoportraits parfois. Cela faisait un mixe extraordinaire. »

La Diagonale : C’était en quelle année ?

Paul Ardenne : «Il y a dix ans, Eva Magyarosi avait 25 ans.Pour caractériser Eva, du côté de la technique, il faut d’abord dire que c’est vraiment une artiste du dessin, de l’animation, avec un approfondissement de plus en plus sur le dessin animé. Elle a fini par supprimer progressivement les incrustations de photographies. Son travail devient de plus en plus graphique. Epuré, diaphane. » Et, côté propos, il y a toujours un sujet essentiel qui est condensé dans l’expression que j’ai donnée à cette exposition « Récits Privés », elle ne parle que d’elle ! »

Effectivement, si l’on observe chaque dessin ou chacune des séries animées, on observe à chaque fois que l’artiste nous parle de sa vie intime exclusivement.

LDA : C’est une histoire d’extimité. Et pourtant, si elle ne fait que se raconter, ce n’est pas du tout Facebooké, comme on peut le voir aujourd’hui avec une majorité de gens qui ne cessent de montrer « ce peu de réalité » de leur vie, leur sale petit secret. Le degré 0 de l’art comme le dénonçait Gilles Deleuze. L’art n’a rien à voir avec le compte-rendu de ses névroses, encore moins avec des histoires conjugales, familiales ou amoureuses.

Paul Ardenne :

« C’’est ce cadre qui m’intéresse. Car on voit aujourd’hui énormément d’extimité dans l’art, d’estime de soi, etc. »

LDA : Avec parfois une légitimité de bon aloi pour des minorées ( handicap, genre gay, minorités, etc.) Mais, on ne voit pas suffisamment que cette profusion d’extimité, ce désir de reconnaissance dans le regard de l’autre est aujourd’hui Facebooké par les techniques du numériques, et s’accompagne d’une forme d’appauvrissement de la manière dont on peut raconter sa vie.

Paul Ardenne :

« Chez la plupart de ces artistes du parti pris de l’extimité, cela part le plus souvent de bon sentiment, mais c’est souvent tellement conformiste, redondant, avec le sentiment d’avoir déjà vu ça des milliers de fois…Et puis surtout c’est terriblement ennuyeux ! »

LDA : On a également vu cela massivement dans le roman ces dernières décennies.

Paul Ardenne :

Effectivement, mais chez Eva Magyarosi si le propos reste purement conventionnel et d’une très grande banalité de prime abord, le traitement en revanche démultiplie complètement ce contenu dérisoire et vaniteux. Avec un style assez extraordinaire, pour Eva, surtout lorsque l’on voit la totalité de son travail aux proportions démesurées.

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« WALKING CONVERSATION », mardi au 24Beaubourg

VIDEO FOREVER 38 « CE MONDE QUE NOUS N’AVONS PAS ENCORE PERDU »

Ou comment l’art tente d’inverser le rapport actuel entre culture dépressive de l’anthropocène et aspiration bienheureuse à l’Eden.

Eva Magyarosi : Récits Privés

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Peintre, dessinatrice, narratrice, Eva Magyarosi (Hongrie, 1983) est une magicienne de l’animation. Ses dessins animés, au style balançant entre onirisme et réalisme, mettent en scène un univers devenu rare dans l’art contemporain, celui de la vie intérieure. La part secrète, l’intimité discrète de cette femme trentenaire vivant non loin de Budapest, sont le ferment d’une existence intense. La vie, somme d’actions, est plus encore un récit, récit du quotidien, récit des sensations, récit de l’amour et de ses variations, récits des peurs qui balisent à répétition tout sentiment de bonheur et de plénitude, récits, encore, des jeux croisés du narcissisme et de la cruauté ravageuse, celle que l’on attise contre soi-même.

Où les réseaux sociaux ont périmé l’intime et mis en avant, de façon conventionnelle et normative, l’extimité, cette exposition par tout un chacun de sa vie privée, les créations d’Eva Magyarosi recentrent l’individu sur lui-même et pour lui-même d’abord. Qui suis-je ? Qui est ce moi qui est moi ? Riche d’une extraordinaire floraison de moments secrets, d’aveux murmurés, d’obsessions diversement saintes ou perverses, de figures de ses proches ou tout aussi bien imaginaires, l’univers plastique d’Eva Magyarosi cultive un goût travaillé pour l’émerveillement. La vie est là, ma vie privée, le conte vrai qu’en extrait l’artiste est la célébration d’un quotidien vécu à fleur de sentiment, dans la peau d’un corps toujours profond, puits prodigue de sensations et d’émotions.

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Multimedia artist Eva Magyarosi (Hungary, 1983) is a creator of magical animated videos whose experimental body of work also includes painting, drawing and story-telling. Lying between realism and dream world, her videos depict a universe that has become rare in contemporary art: the inner life. The secret part and the discreet intimacy of this thirty-seven-year-old artist living near Budapest is the ferment of an intense existence. Notions of hiddenness and secrecy, of discretion and intimacy become in her work fertile ground for an intense existence. Everyday life and the multiple actions of which it is made are transformed into narratives about existence, about sensations, about love and its variations, about the fears that repeatedly mar our feelings of happiness and fulfillment, and at times about the complex, self-destructive games of narcissism and devastating cruelty we play.

In spaces in which social networks have erased intimacy and, in a conventional, normative way, drawn attention to extimacy, Eva Magyarosi’s work returns focus to individual, private narratives. Who am I? Who is this “self” who is “myself”? She cultivates an elaborate taste for wonder articulated around secret moments, confessed murmurs, obsessions holy or perverse, family members real or imagined. In the artist’s hands, life, our private life, our daily life, is both a fairytale and a true story, a celebration of life lived on the edge, lived from inside the skin of a body that becomes an ever-deepening well of sensations and emotions.

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Éva Magyarósi (Veszprém, 1981) est une artiste multimédia basée à Budapest qui crée des sculptures, des photographies, des dessins, des nouvelles et des vidéos. L’art vidéo est certainement son médium le plus remarquable car il combine toute sa palette de techniques de production. Ses œuvres peuvent être vues comme des récits privés, suspendus entre onirisme et réalisme. Magyarósi est diplômée du département d’animation de l’Université d’Art-Design de Moholy-Nagy (2000-2005) et a été honoré en 2018 par le grand prix hongrois UniCredit. Elle a également représenté la Hongrie à la Biennale de Kochi-Muzaris en 2018. Ses expositions personnelles majeures sont Swindles Also Dream, musée Ferenczy, Szentendre (2018); Invisible Drawings, Kunsthalle, Budapest (2012); Cruel Games for Girls, Galerie Erika Deak, Budapest (2009). Les œuvres de Magyarósi figurent également dans d’importantes collections publiques et privées, notamment celles du MONA (Australie) et du Château du Rivau (France).

Éva Magyarósi (Veszprém, 1981) is a Budapest-based multimedia artist who created sculptures, photographs, drawings, short stories, and video art. The latter is her most noteworthy medium, fusing her wide arsenal of production techniques. Her artworks can be seen as visual diaries blending fictitious concepts with her personal life and stories. Magyarósi majored in Theoretical Studies in the Department of Animation at the Moholy-Nagy University of Art-Design (2000-05) and was honored in 2018 by the major Hungarian UniCredit award. She also represented Hungary at the Kochi-Muzaris Biennial in 2018. Her solo exhibitions include Swindles also dream, Ferenczy Museum, Szentendre (2018); Invisible drawings, Kunsthalle, Budapest (2012); Game for cruel girls, Erika Deak Gallery, Budapest (2009). Magyarósi’s work are in important public and private collections such as MONA (Australia) and Château du Rivau (France).

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