Category Archives: Conférences

VIDEO FOREVER # 44 : ROBOTS

Pascal Haudressy, Brain, video still

Pascal Haudressy, Brain, video still

Les Robots, les Androïdes et les autres, une menace ? Une extension de notre humanité ? Des alliés ? À l’heure ou nous sommes en train de glisser de l’Intelligence artificielle vers l’Émotion artificielle, Paul Ardenne se pose la question : « Que nous dit de nous le robot, à travers la vidéo d’exposition ? »

« Comment, en notre premier quart du 21e siècle, à présent que les robots sont partout – drones, aspirateurs domestiques, pollinisateurs — mais aussi animaux —, “bots” votant pour nous et à notre place sur les réseaux sociaux, véhicules à conduite autonome… -, comment donc les artistes le représentent-ils ? Que nous disent-ils des relations humains-robots ? Le robot, sur le modèle des androïdes de Philip K. Dick, veut-il encore devenir un humain ? Et l’humain, revendique-t-il une identité cyborg comme Donna Haraway, il y a près de quarante ans, revendiquait pour les femmes cette identité dans son Manifeste Cyborg au prétexte que le cyborg est “post-genre”, non masculin ni féminin, et qu’il permet de fait à tous les oppressés du genre, en adoptant son non-genre, de dépasser d’office toutes les formes de domination genrées ? »

Pour assister à la présentation de Paul Ardenne et Barbara Polla, et pour voir les vidéos, souvent merveilleuses, que les artistes et les cinéastes d’aujourd’hui consacrent aux robots, c’est demain jeudi 5 mars, à Topographie de l’Art à 19h.

Et pour le teaser, c’est ici !

Conférence “Être vivant” lors de la 3e “Nuit des idées”, Trois-Rivières (Canada)

Jeudi 30 janvier 2020 16h-21h

Conférence Être vivant (sous condition que le Parti de la Mort nous en laisse le loisir) en ouverture de la “Nuit des idées” à l’Université du Québec galerie R3, à Trois-Rivières (Canada).

Direct : https://www.uqtr.ca/galerie.art/

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“Être vivant” : cet intitulé est taillé pour le débat. Il offre une multiplicité de développements selon qu’on l’aborde comme un constat – nous sommes vivants -, comme un exercice existentiel – comment l’on fait pour être vivant -, comme le signal aussi de la survie – le monde qui nous entoure, livré à présent à de terribles forces de destruction, est en train de s’affaiblir sinon de mourir et chacun de nous, malgré tout, y est vivant. Être vivant : comment ce prodige est-il encore possible, et ce prodige est-il appelé à durer ?

Dimanche des arts urbains : Le parti des oiseaux

Demain, dimanche 15 à 15H Les dimanches des arts urbains proposent un après-midi d’imagination avec Paul Ardenne, historien de la création plasticienne, Les chanteurs d’oiseaux, musiciens, et Grégoire Loïs, ornithologue, à la Halle aux sucres.

Les chanteurs d'oiseaux

Les chanteurs d’oiseaux, © Jean-François Robert

Comment protéger les oiseaux sans les comprendre ? Sans rien connaître d’eux ? Qui sont les oiseaux ?

Parce que la situation est alarmante, un ornithologue prend la plume (un comble) pour raconter, à rebours des traités écologiques, ces espèces d’oiseaux qui étaient et qui ne sont plus. Un historien de la création plasticienne récente interroge les potentialités d’un art écologique : les artistes peuvent-ils par la création contribuer à la prise de conscience de l’urgence écologique ? L’art est-il une expression suffisamment puissante pour relever ce défi ?

Entre conférence et joutes sifflées, discussion improvisée avec le public et traduction musicale avec un saxophoniste, deux drôles d’oiseaux nous partagent leur savoir et nous transportent dans leur univers. Et si les oiseaux proposaient de nouveaux possibles ?

Pour plus d’informations : cliquez ici

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Un Art Écologique

Demain à Topographie de l’Art

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Penser l’engagement intellectuel aujourd’hui ?

Complexités de l’engagement

Bien des choses ont été dites depuis le début de ces rencontres, l’essentiel, en l’occurrence : la difficile intégration du créateur contemporain dans un univers culturel vendu en large part au divertissement, au spectaculaire et à ses relais, les grands médias (des grands médias en France et autre part, rappelons-le, à peu près tous aux mains de grandes puissances d’argent), aux cultures de confort et caractérisé par la mise à la marge des propositions expérimentales.

D’où il ressort, au plus léger, une frustration des créateurs, au plus sévère, leur colère, le sentiment juste d’être méprisés, tenus pour nuls.

Cette situation n’est pas à proprement parler nouvelle. Elle émane des politiques d’encadrement culturel du second après-guerre, pas malvenues dans la mesure où ces politiques visent au départ à élargir l’accès à la culture, dans le cadre du développement de l’État-providence et de préoccupations sociales et solidaires étendues (c’est là l’esprit de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948, dont on vient de fêter le cinquantenaire). La situation que nous évoquons prend un tour problématique, cependant, lorsque l’encadrement culturel devient trop marqué, un phénomène qui émerge avec les années 1980 et que va renforcer l’irruption du postmodernisme, qui valorise avant tout la libre culture du goût personnel (“Si j’aime c’est bien et inversement”), contre celle de l’engagement ou de l’expérience qui caractérisait l’esprit moderne. Il en résulte, d’une part, l’éparpillement des propositions créatrices, d’autre part leur nivellement. Et pour les expériences créatrices singulières, qui perdurent, leur quasi exclusion.

La crise du modèle de l’universel, aujourd’hui constatée à l’échelle globale, en est l’aspect le plus seyant. Les valeurs de chacun remplacent les valeurs pour tous. L’intérêt particulier prend le pas sur l’intérêt général. Il n’y a plus de “directivité” culturelle réglée par l’attachement à de grands principes humanistes et par leur valorisation artistique mais, en lieu et place et sauf exception, une création polymorphe et multidirectionnelle, pas forcément attachée à ce qui avait pu longtemps “faire valeur”, notoirement les grands universaux – le bien, la solidarité, la non-violence, l’anti-racisme, le respect de l’autre, l’égalité des genres. La création qui en résulte est, pour sa plus large part, normative, et l’est d’autant plus dans les domaines de création qui ont un coût élevé, le cinéma et le théâtre par exemple, exigeant pour se perpétuer un financement et une mise sous tutelle matérielle qui a pour effet leur conditionnement. Cette création tend aussi à s’éparpiller, à se singulariser à l’extrême, elle adopte la forme fréquente d’une “extimité” où le créateur met en scène et en représentation sa propre vie indépendamment du souci du collectif. Il en résulte deux critères à même de définir la création contemporaine, d’une part, la normalisation obéissante, consensuelle, bien-pensante, d’autre part la personnalisation créative exacerbée, idiosyncrasique, née du “tempérament particulier” et de la personnalité psychique”.

L’ère culturelle où nous vivons combine comme jamais encore ces deux entrées. Cette combinaison crée une situation de tension. On y trouve d’un côté les grosses “machines” culturelles médiatisées à outrance et que le public consomme massivement. Et de l’autre côté, une création éparpillée, mal saisissable du fait de sa multiplicité proliférante, et qui échappe par nature à un large public. Création de masse et  création de niche cohabitent, sans que ces deux domaines puissent se rejoindre, s’unifier et collaborer.

Au regard de la question de l’engagement, cette situation a sa logique.

Concernant la création de masse, la notion d’engagement est d’office surfaite. On s’y contente en effet de suivre le troupeau et ses lubies, ses obsessions du moment, dopées à coups de relances médiatiques : on ne s’engage pas, on s’affilie. Si l’heure est aux migrants, on va réaliser tant et plus des oeuvres sur les migrants. Si l’heure est à #MeToo, des oeuvres sur #MeToo. Si l’heure est aux Gilets jaunes, des oeuvres sur les Gilets jaunes. Si l’heure est à l’antispécisme, des oeuvres sur l’antispécisme. Le suivisme remplace pour l’occasion l’engagement, il signale l’importance, dans la population culturelle, de la composante des créateurs et des amateurs non critiques, non inspirés, non singularisés.

Concernant cette fois la création de niche, la notion d’engagement, elle, s’y relativise à l’extrême : l’on s’y engage d’abord pour ce que l’on est, pour ce que l’on vit, pour ce que l’on se représente de soi-même et pour soi-même uniquement et exclusivement. Vous avez un problème d’intestins ? Vous faites des oeuvres sur les intestins. Vous raffolez de la pizza ou de la course de sacs ? Vous faites une oeuvre où la pizza et la course de sacs occupent le centre névralgique du processus créatif. Cette fragmentation tous azimuts est un bon signe, elle montre la vitalité du processus démocratique poussé à son plus petit commun dénominateur et diviseur, l’individualité accomplie. En contrepartie, elle implique de renoncer à la croyance en un engagement de masse. Celui qui ne milite que pour lui-même ne peut espérer rallier à sa cause une multitude de ses semblables.

Complexités, donc, de l’engagement culturel et, sans doute et par extension, de l’engagement en tant que tel. Si l’on s’en tient à l’actuelle conduite des créateurs (soit avec la masse, soit avec moi-même), il est clair que la notion même d'”engagement” devient obsolète. Comment s’engager, créateur, dans un univers culturel où le miroir est tourné, soit vers l’actualité du monde et ses soubresauts chaotiques, soit vers le sujet créateur lui-même ? Question ouverte, question à penser, question à débattre.

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VIDEO FOREVER 38 « CE MONDE QUE NOUS N’AVONS PAS ENCORE PERDU »

Ou comment l’art tente d’inverser le rapport actuel entre culture dépressive de l’anthropocène et aspiration bienheureuse à l’Eden.