Category Archives: Conférences

Conférence “Être vivant” lors de la 3e “Nuit des idées”, Trois-Rivières (Canada)

Jeudi 30 janvier 2020 16h-21h

Conférence Être vivant (sous condition que le Parti de la Mort nous en laisse le loisir) en ouverture de la “Nuit des idées” à l’Université du Québec galerie R3, à Trois-Rivières (Canada).

Direct : https://www.uqtr.ca/galerie.art/

Capture d’écran 2020-01-29 à 13.33.50

“Être vivant” : cet intitulé est taillé pour le débat. Il offre une multiplicité de développements selon qu’on l’aborde comme un constat – nous sommes vivants -, comme un exercice existentiel – comment l’on fait pour être vivant -, comme le signal aussi de la survie – le monde qui nous entoure, livré à présent à de terribles forces de destruction, est en train de s’affaiblir sinon de mourir et chacun de nous, malgré tout, y est vivant. Être vivant : comment ce prodige est-il encore possible, et ce prodige est-il appelé à durer ?

Dimanche des arts urbains : Le parti des oiseaux

Demain, dimanche 15 à 15H Les dimanches des arts urbains proposent un après-midi d’imagination avec Paul Ardenne, historien de la création plasticienne, Les chanteurs d’oiseaux, musiciens, et Grégoire Loïs, ornithologue, à la Halle aux sucres.

Les chanteurs d'oiseaux

Les chanteurs d’oiseaux, © Jean-François Robert

Comment protéger les oiseaux sans les comprendre ? Sans rien connaître d’eux ? Qui sont les oiseaux ?

Parce que la situation est alarmante, un ornithologue prend la plume (un comble) pour raconter, à rebours des traités écologiques, ces espèces d’oiseaux qui étaient et qui ne sont plus. Un historien de la création plasticienne récente interroge les potentialités d’un art écologique : les artistes peuvent-ils par la création contribuer à la prise de conscience de l’urgence écologique ? L’art est-il une expression suffisamment puissante pour relever ce défi ?

Entre conférence et joutes sifflées, discussion improvisée avec le public et traduction musicale avec un saxophoniste, deux drôles d’oiseaux nous partagent leur savoir et nous transportent dans leur univers. Et si les oiseaux proposaient de nouveaux possibles ?

Pour plus d’informations : cliquez ici

Image

Un Art Écologique

Demain à Topographie de l’Art

news-vf-41-1.pngnews-vf-412-1.pngnews-vf-413-2.png

.

Penser l’engagement intellectuel aujourd’hui ?

Complexités de l’engagement

Bien des choses ont été dites depuis le début de ces rencontres, l’essentiel, en l’occurrence : la difficile intégration du créateur contemporain dans un univers culturel vendu en large part au divertissement, au spectaculaire et à ses relais, les grands médias (des grands médias en France et autre part, rappelons-le, à peu près tous aux mains de grandes puissances d’argent), aux cultures de confort et caractérisé par la mise à la marge des propositions expérimentales.

D’où il ressort, au plus léger, une frustration des créateurs, au plus sévère, leur colère, le sentiment juste d’être méprisés, tenus pour nuls.

Cette situation n’est pas à proprement parler nouvelle. Elle émane des politiques d’encadrement culturel du second après-guerre, pas malvenues dans la mesure où ces politiques visent au départ à élargir l’accès à la culture, dans le cadre du développement de l’État-providence et de préoccupations sociales et solidaires étendues (c’est là l’esprit de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948, dont on vient de fêter le cinquantenaire). La situation que nous évoquons prend un tour problématique, cependant, lorsque l’encadrement culturel devient trop marqué, un phénomène qui émerge avec les années 1980 et que va renforcer l’irruption du postmodernisme, qui valorise avant tout la libre culture du goût personnel (“Si j’aime c’est bien et inversement”), contre celle de l’engagement ou de l’expérience qui caractérisait l’esprit moderne. Il en résulte, d’une part, l’éparpillement des propositions créatrices, d’autre part leur nivellement. Et pour les expériences créatrices singulières, qui perdurent, leur quasi exclusion.

La crise du modèle de l’universel, aujourd’hui constatée à l’échelle globale, en est l’aspect le plus seyant. Les valeurs de chacun remplacent les valeurs pour tous. L’intérêt particulier prend le pas sur l’intérêt général. Il n’y a plus de “directivité” culturelle réglée par l’attachement à de grands principes humanistes et par leur valorisation artistique mais, en lieu et place et sauf exception, une création polymorphe et multidirectionnelle, pas forcément attachée à ce qui avait pu longtemps “faire valeur”, notoirement les grands universaux – le bien, la solidarité, la non-violence, l’anti-racisme, le respect de l’autre, l’égalité des genres. La création qui en résulte est, pour sa plus large part, normative, et l’est d’autant plus dans les domaines de création qui ont un coût élevé, le cinéma et le théâtre par exemple, exigeant pour se perpétuer un financement et une mise sous tutelle matérielle qui a pour effet leur conditionnement. Cette création tend aussi à s’éparpiller, à se singulariser à l’extrême, elle adopte la forme fréquente d’une “extimité” où le créateur met en scène et en représentation sa propre vie indépendamment du souci du collectif. Il en résulte deux critères à même de définir la création contemporaine, d’une part, la normalisation obéissante, consensuelle, bien-pensante, d’autre part la personnalisation créative exacerbée, idiosyncrasique, née du “tempérament particulier” et de la personnalité psychique”.

L’ère culturelle où nous vivons combine comme jamais encore ces deux entrées. Cette combinaison crée une situation de tension. On y trouve d’un côté les grosses “machines” culturelles médiatisées à outrance et que le public consomme massivement. Et de l’autre côté, une création éparpillée, mal saisissable du fait de sa multiplicité proliférante, et qui échappe par nature à un large public. Création de masse et  création de niche cohabitent, sans que ces deux domaines puissent se rejoindre, s’unifier et collaborer.

Au regard de la question de l’engagement, cette situation a sa logique.

Concernant la création de masse, la notion d’engagement est d’office surfaite. On s’y contente en effet de suivre le troupeau et ses lubies, ses obsessions du moment, dopées à coups de relances médiatiques : on ne s’engage pas, on s’affilie. Si l’heure est aux migrants, on va réaliser tant et plus des oeuvres sur les migrants. Si l’heure est à #MeToo, des oeuvres sur #MeToo. Si l’heure est aux Gilets jaunes, des oeuvres sur les Gilets jaunes. Si l’heure est à l’antispécisme, des oeuvres sur l’antispécisme. Le suivisme remplace pour l’occasion l’engagement, il signale l’importance, dans la population culturelle, de la composante des créateurs et des amateurs non critiques, non inspirés, non singularisés.

Concernant cette fois la création de niche, la notion d’engagement, elle, s’y relativise à l’extrême : l’on s’y engage d’abord pour ce que l’on est, pour ce que l’on vit, pour ce que l’on se représente de soi-même et pour soi-même uniquement et exclusivement. Vous avez un problème d’intestins ? Vous faites des oeuvres sur les intestins. Vous raffolez de la pizza ou de la course de sacs ? Vous faites une oeuvre où la pizza et la course de sacs occupent le centre névralgique du processus créatif. Cette fragmentation tous azimuts est un bon signe, elle montre la vitalité du processus démocratique poussé à son plus petit commun dénominateur et diviseur, l’individualité accomplie. En contrepartie, elle implique de renoncer à la croyance en un engagement de masse. Celui qui ne milite que pour lui-même ne peut espérer rallier à sa cause une multitude de ses semblables.

Complexités, donc, de l’engagement culturel et, sans doute et par extension, de l’engagement en tant que tel. Si l’on s’en tient à l’actuelle conduite des créateurs (soit avec la masse, soit avec moi-même), il est clair que la notion même d'”engagement” devient obsolète. Comment s’engager, créateur, dans un univers culturel où le miroir est tourné, soit vers l’actualité du monde et ses soubresauts chaotiques, soit vers le sujet créateur lui-même ? Question ouverte, question à penser, question à débattre.

*

VIDEO FOREVER 38 « CE MONDE QUE NOUS N’AVONS PAS ENCORE PERDU »

Ou comment l’art tente d’inverser le rapport actuel entre culture dépressive de l’anthropocène et aspiration bienheureuse à l’Eden.

Un Art écologique @ Fordham University, NYC

Paul Ardenne, historien de l’art, critique, commissaire d’expositions et écrivain, professeur à la Faculté des Arts d’Amiens, donnera une conférence ce vendredi à 15h à Fordham University, New York

À l’occasion de la sortie de son livre : Un Art écologique : Création plasticienne et Anthropocène (2018)

Et de : Art, Theory and Practice in the Anthropocene (2018)

This slideshow requires JavaScript.

Ainsi que de l’exposition «  Art fort Artic’s Sake »  
 
La conférence est Intitulée  Art and Ecology. An Ongoing Story. 
Et sera suivie d’une conversation avec l’artiste Janet Biggs

“Somewhere beyond Nowhere” 2 channel video by Janet Biggs at Smack Mellon

Lieu : Room 521, Fordham University, the Lincoln Center campus 113 West 60th Street and Columbus Avenue, Room 521
 
Conférence organisée par : Jo Anna Isaak & Carleen Sheehan
Art for Arctic’s Sake
At this moment — when the need to bring public awareness to the crisis of global climate change has never been greater — the students of Fordham University are pleased to present Art for Arctic’s Sake, an exhibition that calls attention to the profound impact climate change is having upon the sensitive ecosystem of the Arctic and the communities that rely upon the region’s natural resources. For many of us, the Arctic remains abstract and distant, but the work of the artists in this exhibition brings the Arctic and the disconcerting changes taking place there to our immediate attention, revealing the epic scale of global interconnectedness.At the same time, Art for Arctic’s Sake is a testament to the power of art to effect change. The doctrine of ‘art for art’s sake,’ in which art focused on its own formal practices, has led, over time, to its disenfranchisement, separating it from its social environment. In a deliberate reversal of this movement, a growing number of artists have adopted socially engaged artistic practices and many have taken on the role of stewardship of the environment. In some instances, their work has directly contributed to environmental reform and social change. Art can change attitudes towards the environment by imaging more sustainable and ethical habits of human action and thought.The Arctic National Wildlife Refuge is currently the most debated tract of public land in the United States and Subhankar Banerjee’s photographs have forcefully entered that debate. When the U.S. Congress was debating whether to open the Refuge to drilling or preserve it as wilderness, Senator Barbara Boxer presented his photographs to the Senate. By a narrow vote, the Refuge has been saved for the time being, owing in part to Banerjee’s photographs. Adam D. J. Laity’s Moving Image Study of Smeerenburg Glacier Calving captures the moment of the glacier losing massive chunks of ice, revealing the alarming rate of melting that is taking place.  James Balog records the evolving landscape and melting ice over a 10-year period in his time-lapse video. His award-winning film Chasing Ice (2012) has graphically brought this massive disintegration to the attention of thousands of viewers. Carleen Sheehan examines the same process but on a much smaller scale. She photographs recently calved glacial ice in the moments before it vanishes. Peggy Weil’s digital photo- of 88 Cores slowly pans down a historical record of ice cores, demonstrating evidence of climate change through the atmospheric conditions of the trapped air. Jessica Segall’s video Breaking Ice, made in collaboration with physicists and musicians, brings the problem home to us by showing a laboratory-controlled, model ice house breaking and shattering into pieces. Rúrí has created a glimpse into a future reality by scientifically projecting future topologies of shorelines of countries after the East Antarctic ice sheet melts. Both Janet Biggs and Elaine Byrne address the exploration of the Arctic. Janet Biggs films herself firing an emergency flare into the Arctic sky while narrating stories of failed attempts to reach the North Pole. Elaine Byrne documents the search for the Northwest Passage and the rush on the part of numerous countries to establish rights to the area. Bill Hess and Brian Adams examine the impact of the changing environment on Native Alaskan communities. Hess explores the connection between the Inupiaq people and their subsistence harvest practices, while Adams, in his series I am Inuit, shows the challenges faced by the local communities, portraying the struggles of Native Alaskans.Art for Arctic’s Sake is at once an homage to the natural world and an emergency call. We are reminded, at this crucial moment, of exactly what is at stake — for our time and deep time.In the Ildiko Butler Gallery are works by Janet Biggs, Rúrí, Subhankar Banerjee, Jessica Segall, Carleen Sheehan, Elaine Byrne, James Balog, and Adam D. J. Laity. In conjunction with the exhibition, our online catalogue features works by additional artists, including Brian Adams, Bill Hess, and Peggy Weil.There will be an opening reception on November 7, 2018, from 6-8 pm featuring a musical composition by Nathan Lincoln-Decusatis performed by the Corvus Ensemble.This exhibition was organized by Jo Anna Isaak, Katherina Fostano, Carleen Sheehan, and students of Fordham University: Dinara Akazhanova, Beatrice Barresi, Rose Carlisle, Rebeca Castilho, Marco Cataldi, Francesco Fagioli, Virginia Giuliani, Julie Hamon,  Lilianna Harris, Emma Hitchcock, Kathryn Hornyak, Anne Muscat, Jessica Ruffini, Samyukthaa Saiprakash, Jane Schiavone, Marilena Simeoni, Isabella St. Ivany.