Category Archives: Histoire de l’art contemporain

Video Forever Edition 14 : Les paysages sont aussi intérieurs

courtesy Mat Collishaw / Ron Arad, Sordid Earth, 2011

Video Forever 14 avec Paul Ardenne
*Les Paysages sont aussi intérieurs*
Musée de la Chasse et de la Nature

Mercredi 18 Décembre, 19h
62 Rue des Archives – 75003 Paris

Avec des vidéos de

Andreas Angelidakis, Mat Collishaw, Leslie Deere, mounir fatmi, Niklas Goldbach, Frank Perrin, Fernando Prats & more

Les paysages qui nous entourent, les paysages extérieurs, leurs représentations et manipulations par les artistes modulent continuellement nos perceptions, nos visions, nos “paysages intérieurs” ; de la même manière, nos propres paysages intérieurs, tels que nous les construisons par assemblages d’images stockées, ou tels que les artistes nous les évoquent, continuellement modulent notre perception des paysages extérieurs. Cette manière dont les paysages deviennent presqu’automatiquement intérieurs, dans un aller retour constant, fera l’objet de cette séance.

Pour cette dernière séance de l’année 2013, et la troisième au Musée de la Chasse et de la Nature, nous vous proposons également un moment festif, à la fin de la séance.

« Animalités » Conférence introductive à Video Forever de Paul Ardenne

Pour tous ceux qui étaient hier au Musée de la Chasse et de la Nature et pour les autres aussi, le texte de Paul Ardenne pour Video Forever : Art et Animaux

Et save the date pour le 18 décembre, le dernier Vidéo Forever de 2013 !

« Animalités »

Conférence introductive de Paul Ardenne, historien de l’art et écrivain

La convocation artistique de l’animal, de plus en plus intense dans le champ de l’art postmoderne, a une raison d’être « identifiante » : l’animal, à sa façon particulière, porte un peu de mon mystère d’humain, « son-corps », en une proportion délicate à établir, est « mon-corps ».
L’humain, lui aussi, est un « animal ». Il dérive biologiquement du même rameau que le chien ou, en amont, que la méduse, très vieille ancêtre, au gré des accidents naturels, du « hasard » et de la « nécessité » de l’évolution, disent les biologistes François Jacob et Jacques Monod. « L’animal que donc je suis », admet le philosophe Jacques Derrida. Comment oublier que les premières sépultures humaines cumulent ossements humains et animaux ? Que la domestication graduelle des animaux a permis et accéléré, par l’apport d’énergie qu’elle autorise, l’évolution matérielle des hommes ? Qu’il est nous est arrivé à nous, humains, de nous comporter comme des « animaux », en reproduisant sans égard pour notre prochain le principe du Struggle for Life darwiniste : c’est là la thèse d’un Giorgio Agamben lorsque, évoquant les régimes totalitaires du XXe siècle, et le principe du droit du plus fort qui y prévaut, le philosophe italien décèle en ceux-ci une phase sans précédent d’« animalisation de l’humanisation » ? Qu’une large part de notre potentiel affectif, loin de se diriger vers les humains, se destine aux animaux de compagnie, des zoos ou des réserves naturelles ?
L’artiste qui réquisitionne à son profit la figure de l’« animal », et l’artiste vidéaste tout pareil, a tout ceci en tête. Convoquant ce dernier, c’est aussi la pars animalis de lui-même qu’il fait remonter jusqu’à l’œuvre – en espérant que plus de sens soit donné, par le truchement de l’animal, à ce qu’il est. Aucun doute, l’« animal-pour-l’art » est bien un prétexte, élément parmi d’autres d’une stratégie cognitive : « mon-corps » ne supporte pas de ne pas se connaître, de devoir supporter trop de doute. Animal, aide-moi à moins me méconnaître.

(…) lire la suite en pdf ici

Ce soir! – Video Forever Edition 13 : ANIMAL – ANIMAUX

© Luzia Huerzeler, Il Nonno, 2009/10

Video Forever 13 *Animal – Animaux*
Musée de la Chasse et de la Nature

Mercredi 27 Novembre, 19h
62 Rue des Archives – 75003 Paris

La convocation artistique de l’animal, de plus en plus intense dans le champ de l’art postmoderne, a une raison d’être « identifiante » : l’animal, à sa façon particulière, porte un peu de mon mystère d’humain, « son-corps », en une proportion délicate à établir, est « mon-corps ». L’humain, lui aussi, est un « animal ». Il dérive biologiquement du même rameau que le chien ou, en amont, que la méduse, très vieille ancêtre, au gré des accidents naturels, du « hasard » et de la « nécessité » de l’évolution, disent les biologistes François Jacob et Jacques Monod. « L’animal que donc je suis », admet le philosophe Jacques Derrida. Comment oublier que les premières sépultures humaines cumulent ossements humains et animaux ? Que la domestication graduelle des animaux a permis et accéléré, par l’apport d’énergie qu’elle autorise, l’évolution matérielle des hommes ? Qu’il est nous est arrivé à nous, humains, de nous comporter comme des
« animaux », en reproduisant sans égard pour notre prochain le principe du Struggle for Life darwiniste : c’est là la thèse d’un Giorgio Agamben lorsque, évoquant les régimes totalitaires du XXe siècle, et le principe du droit du plus fort qui y prévaut, le philosophe italien décèle en ceux-ci une phase sans précédent d’« animalisation de l’humanisation » [1] ? Qu’une large part de notre potentiel affectif, loin de se diriger vers les humains, se destine aux animaux de compagnie, des zoos ou des réserves naturelles ? L’artiste qui réquisitionne à son profit la figure de l’« animal », et l’artiste vidéaste tout pareil, a tout ceci en tête. Convoquant ce dernier, c’est aussi la part animalis de lui-même qu’il fait remonter jusqu’à l’oeuvre – en espérant que plus de sens soit donné, par le truchement de l’animal, à ce qu’il est. Aucun doute, l’« animal-pour-l’art » est bien un prétexte, élément parmi d’autres d’une stratégie cognitive : « mon-corps » ne supporte pas de ne pas se connaître, de devoir supporter trop de doute. Animal, aide-moi à moins me méconnaître.

Paul Ardenne

[1] Giorgio Agamben, L’Ouvert de l’homme et de l’animal, Paris,
Bibliothèque Rivages, 2002, notamment le ch. 16 (« L’humanisation intégrale
de l’animal coïncide avec une animalisation intégrale de l’homme »).

Vernissage de l’exposition Jacques Coulais Pictor Maximus

Mardi 19 novembre 2013 18h30
Musée des Beaux-arts Bernard D’Agesci, à Niort (79)

Vernissage de l’exposition Jacques Coulais Pictor Maximus

Commissariat : Martine HOYAS et Paul ARDENNE
Avec la participation d’Analix Forever

Projection de la vidéo Painter par Ali Kazma (Turquie, prix Nam June Paik) consacrée à Jacques Coulais

À paraître (janvier 2014), en lien avec l’exposition : Paul Ardenne, Jacques Coulais Pictor Maximus (“Corpopoétique 2”), éditions La Muette/BDL, Bruxelles.

Couverture Jacques Coulais Pictor Maximus ultima

Parution Archistorm, nov-déc 2013

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“AQUA VITALIS – POSITIONS DE L’ART CONTEMPORAIN” dans Archistorm

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Video Forever Edition 11 : Baroque Contemporain