Category Archives: Architecture et urbanisme contemporains

“Lacaton & Vassal, Pritzker Prize 2021, L’humilité intelligente” par Paul Ardenne. À paraître dans le prochain Archistorm (n° 108, mai-juin 2021)

Le 16 mars dernier, les architectes français Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal se sont vu décerner le prix Pritzker 2021, récompense de haut vol du milieu archi- tectural. Cette consécration, après celles de Christian de Portzamparc et de Jean Nouvel, fait d’eux les troisièmes Français à recevoir ce prix créé en 1979.

La « pritzkerisation » de Lacaton & Vassal célèbre une conception économe, radicale et écosophique de l’archi- tecture. À l’évidence, elle signale aussi une inflexion de l’esprit du Pritzker Prize, en ce sens pas malvenu, vers la promotion de l’éthique et de l’architecture pour tous. Fini, le sacre répétitif des starchitectes hype2. L’heure est venue des architectes responsables (pingres, grinceront certains), un chemin ouvert depuis quelques années déjà par le Pritzker Prize avec la célébration d’Alejandro Aravena et Grafton Architects, tenants, à l’instar de Lacaton & Vassal, de l’architecture modeste à vocation sociale. Le signe que les temps changent? Assurément.

“Architecture carcérale : Peut-on humaniser l’inhumain ?” dans Métalmorphoses, avril 2021

À l’heure de la pandémie et des interrogations qu’elle réactive à propos de la prison, le magazine Métalmorphoses a interrogé Paul Ardenne sur les pratiques artistiques contemporaines de la représentation du corps et les ouvertures qu’elles peuvent apporter à la conception carcérale.

A paraître : “La Bonne ville. Pour une architecture bienveillante”

Tous deux émus par la crise sanitaire liée au virus COVID-19, Paul Ardenne et Alfonso Femia engagent un dialogue franc questionnant les conséquences de la pandémie sur les habitats, les lieux de vie, de travail, de soin, de repos.
Se définissant volontiers comme un architecte de la générosité, Alfonso Femia en appelle désormais au développement d’une architecture du soin. Cette approche humaniste, soucieuse non plus seulement du bien-vivre des habitants mais aussi du bien-être des individus, impose aux architectes une mission longtemps sacrifiée : soigner, prendre soin, et notamment des défavorisés, des malades, des isolés, des jeunes et des aînés.
Comment offrir une architecture adaptée attachée à satisfaire et prendre soin de chaque individu ? Que pourrait être un bâtiment protecteur ? Portés par leurs convictions et leurs visions de l’architecture, Paul Ardenne et Alfonso Femia tentent dans cette conversation de proposer des pistes pour construire le logement, l’école ou l’hôpital de demain.

Parution : avril 2021
Editions Ante Prima Consultants

“DEUS EX VAGINA. L’architecture au féminin, un univers spécifique?” dans ARCHISTORM, n°107

À son orée (le paléolithique), l’architecture était une discipline peu «genrée». Logement, construction, aménagement du logis, ces données concernaient le clan, la tribu, le village, tous sexes confondus, hommes comme femmes indifféremment. Quelques dizaines de millénaires plus tard, qu’en est-il ? L’architecture s’est masculinisée.

Il y a à cette masculinisation de multiples raisons. Certaines, peu suspectes d’une confiscation calculée du pouvoir, sont liées à la physique du travail (construire exige de disposer d’une force corporelle, plus intense chez les hommes). D’autres, corrélatives du statut minoré de la femme des sociétés patriarcales, sont moins équitables. Bien des civilisations, archaïques comme contemporaines, confinent la femme au gynécée et aux tâches domestiques : de quoi l’éloigner des études poussées qu’exige l’architecture, discipline adossée à la complexité matérielle et à l’ingénierie. Quant à la culture bourgeoise, elle tend à interdire aux femmes le labeur, carrément : la « bourgeoise » honorable ne travaille pas. Le milieu même de l’architecture et ses usages, enfin, ajoutent à cette discrimination: pas de femmes manageant les chantiers; pas de femmes, en agence, aux postes de pouvoir.

Le début du XXIe siècle s’élève contre cet ostracisme. Les femmes, en nombre, intègrent les écoles d’architecture, créent des agences, bâtissent, trustent les récompenses. La question se pose, du coup, de leur apport à la discipline. Spécificité ou assimilation ? Originalité ou conformisme ?

“La tentation de l’architecture populiste” dans ARCHISTORM, n°106

Plusieurs grands dirigeants politiques de ce monde — pilotant tous, sans exception, des régimes autoritaires — ont pu s’émouvoir ces derniers temps des « excès » de l’architecture contemporaine. Qu’il s’agisse du président américain Donald Trump, du leader turc Recep Tayyip Erdoğan, du dirigeant chinois Xi Jinping, tous reprochent à l’architecture des débuts du XXIe siècle son caractère irrespectueux de la tradition et ses outrances en matière de conception ou de style. Leur credo est celui de ce qu’on a appelé, au début du XXe siècle, lorsque l’esprit moderne se déchaînait et bousculait les valeurs acquises, le «retour à l’ordre».

L’architecture dite « populiste » est celle qu’affectionnent ces dirigeants. Quelque forme qu’elle prenne, celle-ci se nourrit de l’idée que toute mutation du style, qui est une mutation de la conscience, doit être, plus encore que contrôlée, éradi- quée. Si l’architecture populiste déteste, à l’instar de la Beauté baudelairienne, « le mouvement qui déplace les lignes », c’est d’avoir en horreur tout ce qui est de nature à signifier que le monde bouge et change. Traditionnelle par essence, elle est réactionnaire par volonté de faire prévaloir le vocabulaire du passé, contre celui de l’avenir : au principe que le passé est source d’identité vraie, référence porteuse de solidité, de durée, de stabilité. Elle est aussi, au risque de surprendre, humaniste, en ce qu’elle vise l’apaisement mental : de grâce, cachez-nous ces bâtiments modernistes qui heurtent notre sensibilité, la troublent et en éparpillent les repères !

— Un mal, l’architecture populiste ? Un bien, malgré le mépris qu’elle inspire dans les cercles éclairés ? […]

“L’architecture fin du monde III” dans ARCHISTORM, n°105

BLOCKBUSTER / archiSTORM #103

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Lire l’article ici

Parution ARCHISTORM #101

Le numéro 101 d’ARCHISTORM, la revue consacrée à l’architecture, au design et à l’art contemporain, est sorti ! Le billet d’humeur de Paul Ardenne, chapitre 2 : “L’extravagance architecturale, ultime résistance ?” est à lire ici :
Archistorm n° 101 mars-avril 2020 Extravagance 2.

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Master Class #3 : Repenser la culture à l’ère de l’anthropocène par Paul Ardenne

Capture d’écran 2020-02-05 à 13.06.41

Un cycle de trois masterclasses proposé par le musée d’art contemporain dans le cadre de son programme hors les murs 2020

Master Class #3 : Repenser la culture à l’ère de l’anthropocène
par Paul Ardenne
19 février 2020 | 18:30 – 20:00

Les Halles du Faubourg – Lyon
10 Impasse des Chalets
69007 Lyon

Renseignements et inscriptions

L’objet de ces trois rencontres est de définir ce que devient la création à l’ère (advenue mais contestée dans sa désignation) de l’anthropocène. Comment le champ de l’art réagit-il à l’accentuation de la pollution, à l’effondrement de la biodiversité, au réchauffement climatique, à l’épuisement des ressources qui font chaque jour à présent la une de l’actualité ? Plus largement, comment l’univers habité – à travers l’architecture et l’urbanisme – s’inscrit-il dans le défi de la dépollution, avec quels discours, quels moyens et quelle crédibilité ? L’éthique, plus que jamais, est à l’ordre du jour, contredite en termes d’effectivité par la furie destructrice de l’économie globale. Et au-delà du changement en cours, il convient d’évaluer le potentiel culturel de l’engagement écologique actuel.

Master Class #2 : Repenser la culture à l’ère de l’anthropocène par Paul Ardenne

Capture d’écran 2020-02-05 à 13.06.41

Un cycle de trois masterclasses proposé par le musée d’art contemporain dans le cadre de son programme hors les murs 2020

Master Class #2 : Repenser la culture à l’ère de l’anthropocène
par Paul Ardenne
12 février 2020 | 18:30 – 20:00

Les Halles du Faubourg – Lyon
10 Impasse des Chalets
69007 Lyon

Renseignements et inscriptions

L’objet de ces trois rencontres est de définir ce que devient la création à l’ère (advenue mais contestée dans sa désignation) de l’anthropocène. Comment le champ de l’art réagit-il à l’accentuation de la pollution, à l’effondrement de la biodiversité, au réchauffement climatique, à l’épuisement des ressources qui font chaque jour à présent la une de l’actualité ? Plus largement, comment l’univers habité – à travers l’architecture et l’urbanisme – s’inscrit-il dans le défi de la dépollution, avec quels discours, quels moyens et quelle crédibilité ? L’éthique, plus que jamais, est à l’ordre du jour, contredite en termes d’effectivité par la furie destructrice de l’économie globale. Et au-delà du changement en cours, il convient d’évaluer le potentiel culturel de l’engagement écologique actuel.

Ecoutez le Podacast – Au gré du Ground
La création, arme de protection massive du vivant
avec Joan Pronnier, Paul Ardenne et Thierry Boutonnier