Category Archives: Histoire de l’art contemporain

Esthétiques de l’anthropocène, effroi, délices, espoir, Journées d’étude, 23 et 24 novembre 2022 , co-organisation, ENSA (École nationale supérieure d’Art), Dijon.

Ces premières journées d’étude « HEARTH » consacrées à l’Art et l’Anthropocène, à l’ENSA Dijon, s’inscrivent dans la continuité et l’évolution des réflexions développées dans l’ARC (atelier de recherche et de création) autour des questions liées à l’art et l’écologie.

Un groupe de spécialistes est réuni exceptionnellement, lors de ces journées d’étude, (artiste et théoricien.ne. : scientifique, géo-anthropologue, agronome, philosophe, paysagiste, historien et critique d’art, directrice des structure associative, engagée dans la protection de la nature), afin d’éclairer les multiples questions liées à notre ère de l’Anthropocène, au réchauffement climatique et à ses conséquences sur terre sur tous les êtres vivants.

Quatre grands thèmes sont proposés dans « HEARTH » par Paul Ardenne, Carlos Castillo et Pauline Lisowski qui tenteront de cerner avec différent.e.s invité.e.s, les enjeux de l’Anthropocène et dévoiler ainsi comment certains artistes et créateurs s’engagent dans une démarche pour l’écologie. Les différent.e.s intervenant.e.s, pourront développer et mettre en lumière leurs points de vue et les possibilités qui s’offrent à nous, pour faire évoluer nos mentalités et nos modes d’actions dans l’art ainsi que dans nos modes de consommation. On s’interrogera sur les possibilités de créer avec des matériaux alternatifs et/ou naturels, en respectant la nature. Il s’agira aussi de cerner les liens que les artistes et créateurs en général tissent avec le vivant, et comment ils se mobilisent avec la création pour affronter les défis que pose l’Anthropocène. L’art participe à cette mutation essentielle que l’Anthropocène impose à l’humanité, un défi où montrer ne suffit pas. Il est nécessaire de s’informer, réfléchir, se rendre intellectuellement disponible aux enjeux cruciaux que posent le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité, les menaces sur la santé planétaire (One Health), les pollutions, ainsi que l’épuisement des ressources terrestres.

Avec l’urbanisation, l’artificialisation des sols et la déforestation, l’humain est de plus en plus hors-sol et se coupe des fondements du vivant. L’époque est dorénavant celle des grandes pandémies et d’une dysbiose qui fragilise la santé des humains et des écosystèmes.Tout l’enjeu à venir est de redéployer le vivant et la nature dans le respect de nous-mêmes et pour sortir de l’éco-anxiété qui paralyse la jeunesse (elle touche ¾ des jeunes dans le monde).

Mais la nature nous réserve des surprises. Le potentiel de régénération des écosystèmes est lui-même source de créativité et de nouveaux possibles. La nature contient en elle les germes de sa propre renaissance, même inespérée. Reste à la réhabiliter dans le coeur des humains pour en tirer ses fruits et apporter un nouveau regard, porté sur la vie.

Les diverses thématiques qui alimenteront les débats permettront à chacun.e de se positionner et de trouver des issues possibles pour changer les mentalités de la société, et l’état de la planète.

Les journées d’étude « HEARTH » se divisent en quatre volets / quatre demi-journées

I- « Art et culture de l’effroi au coeur de l’Anthropocène
II- « Avertir »
III- « Agir »
IV- « Rêver »

I- Art et culture de l’effroi au coeur de l’Anthropocène

L’Anthropocène, depuis dix ans au moins, est au coeur de débats nombreux, polémiques souvent : quel est-il ? Le concept forgé par le chimiste et prix Nobel Paul Josef Crutzen à la fin du 20e siècle est-il recevable, contestable, adapté à l’actuelle situation climatique, etc. ? Cette problématique mobilise tant les scientifiques et les politiques que les agents multiples qui forment le secteur culturel urbi et orbi. Le monde devient « Hearth », au coeur (heart) de la terre (Earth) et de son destin, que l’on pressent calamiteux.

Comment le monde de l’art répond-t-il à la menace d’un réchauffement climatique destructeur écologiquement et humainement ? Le « Hearth », ce sont des créations vigiles, d’avertissement, de mise en garde, des créations de type remédiation, également, dont la finalité éthique vise à restaurer une certaine harmonie entre l’humain et ses écosystèmes.

Ce sont aussi des développements poético-esthétiques sur la nouvelle « Grande peur » attachée à l’Anthropocène et à son cours mal cernable. Images de l’effroi collapsologique, de la destruction dystopique de l’humanité, de l’épuisement général de la civilisation humaine, livrées et adoptées non sans parfois une notoire complaisance (la fin du monde est excitante, et photogénique).

Le thème des journées d’étude « Hearth », au-delà de l’examen des formes écologiques et écosophiques d’art qui s’y corrèlent, est porté par cette interrogation : comment vivre les ruines du monde ? comment vivre en ces ruines et pourquoi faire ? qu’en est-il au juste de cette « ruine » ?… La vue rapprochée et la vue de loin, en l’occurrence, se chevauchent, se brouillent réciproquement. Le « Hearth » connaît la dystole et la systole mentale, l’heure est au balancement conceptuel sur fond de tentative de réarmement intellectuel et sensible (qu’est-ce qu’un humain, au juste, quand l’environnement qu’il a domestiqué à son profit induit sa potentielle destruction ?).

La question est aussi, lancinante, entêtante, viciant notre potentiel de joie : comment nous aimer dorénavant, nous autres humains, nos propres fossoyeurs ?

II- Avertir

Au vu de la crise environnementale, un des premiers réflexes de l’artiste est d’avertir. L’art ne traite pas toujours de la beauté du monde ou de la complexité de ses représentations possibles. Il peut aussi se faire contextuel. Il s’attache dans ce cas à opérer en fonction de la réalité telle qu’elle se donne cours.
Un art dit « de contexte » voit l’artiste, en témoin de son époque, réagir selon une situation donnée et créer en regard de cette dernière une oeuvre d’art qui y est liée de façon directe.

III- Agir

La pulsion qui consiste à avertir induit que l’on agisse, que l’on ne demeure pas bras ballants face à une situation devenue scandaleuse ou insoutenable. L’acte d’avertissement, en soi, est déjà une forme d’action, sur le mode de l’intervention, de cette classique topique de l’art contextuel.

Les sciences du vivant amènent de l’espoir en développant des actions pour régénérer la nature et les écosystèmes. L’agroécologie est une voie de restauration des équilibres écosystémiques et d’harmonie entre l’humain, l’animal, le végétal et les écosystèmes. La végétalisation est au coeur d’un futur renouveau plein d’espoirs. Elle appelle des actions et un combat pour réintroduire la nature dans toutes les strates de la société.

IV- Rêver

On peut épiloguer sans fin sur la valeur de ce type d’actions artistiques, ou plutôt sur ce qui pourrait bien être leur non-valeur potentielle — ces actions, le fait d’artistes, ont-elles jamais une chance, notamment, de se montrer vraiment « opérationnelles », vraiment efficaces au niveau concret ? Pointer leur caractère factuel et isolé, autrement dit leur peu d’efficience, est légitime. Reste que l’art, à sa décharge, n’est pas d’abord une pratique productive comme peut l’être l’action de militants ou d’entreprises engagés dans un combat ou une production spécifique. L’art ne construit pas le monde, il met en forme le possible de cette construction. Demander à l’artiste « vert » d’être le sauveur d’un monde dont l’environnement se délite sous ses yeux est pertinent mais excessif.

Alors quoi ? L’artiste « vert » a à coeur, non l’illusion que l’on peut sauver le monde avec des créations nées d’abord de son imaginaire mais, en espérant qu’il soit contagieux, le principe même de l’exemplarité, de la position pionnière et pédagogique.

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CONVERSATION AVEC PAUL ARDENNE

30.06.2022 • 20h / Rencontre / Conversation – Villa Sauber

Nocturne, accès gratuit à l’exposition de 19h à 21h

L’historien de l’art Paul Ardenne, auteur d’une quarantaine d’essais, dont Newton, le masculin photographique (2022), discutera de l’exposition « Newton, Riviera » avec son commissaire, Guillaume de Sardes.

Paul Ardenne est critique d’art, muséologue, commissaire d’expositions et écrivain, spécialisé dans le domaine de l’art contemporain, de l’esthétique, de l’art vivant et de l’architecture. Parallèlement, Il enseigne l’histoire de l’art contemporain à l’université d’Amiens.

Guillaume de Sardes est écrivain-photographe, historien de l’art et commissaire d’exposition. Son travail artistique explore les rapports texte / image, à travers les thèmes de l’intime, de l’errance et la nostalgie. Il a été exposé en France, notamment à la Maison européenne de la photographie et à la Maison de la culture du Japon, ainsi qu’à l’étranger. Il est l’auteur d’une quinzaine de livres, dont certains ont été traduits en russe, en anglais ou en allemand. Comme essayiste, il s’intéresse aux artistes radicaux. Il a ainsi déjà consacré des essais biographiques à Vaslav Nijinsky, Jean Genet et R. W. Fassbinder. Il est actuellement chargé du Département développement du NMNM.

La discussion sera suivie à 21h30 par la projection deHelmut Newton, l’effronté (2020) de Gero von Boehm

Dès 19h, Chefko proposera des collations saines, bio et locales. Un large choix de boissons ainsi que des salades, wraps et desserts seront à déguster dans les jardins de la Villa Sauber.

ASTRUCTUREL ? L’ART DE LA GÉNÉRATION “Y”

Dans le champ des arts plastiques, nombre de créations actuelles se signalent par une forme d’errance esthétique et sémantique clairement affichée. Leurs auteurs, loin de se prendre pour des démiurges, semblent au contraire mettre en avant une fonction d’utilisateur. Se servir du monde où l’on vit comme d’une ressource de libre accès et de libre usage, sans souhaiter forcément se soumettre à la discipline du style, de l’organisation ou même de la compréhension, tels semblent être leur maniera et son esprit, anti-autoritaire au possible. De cette forme de création astructurelle, maints exemples ont été offerts lors de la dernière en date des biennales d’art de Lyon, Là où les eaux se mêlent.

Parution dans la revue belge L’Art même, n° 80

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La performance, un genre inusable ? Paul Ardenne à Saint-Pétersbourg

 Vendredi 2 mai 2017
Colloque performance à Saint-Pétersbourg

Hugo Ball lors de sa performance Karawane au Cabaret Voltaire (1916)

La performance, un genre inusable ?

Paul Ardenne

La performance, genre artistique apparu avec le dadaïsme, fête aujourd’hui ses cent ans. Un bilan centenaire s’impose. Celui-ci permet de dégager les formes diverses de la performance, à la fois répétitives, ritualisées et en évolution, ainsi que la pertinence ou non d’une pratique aujourd’hui amplement récupérée, alimentant tant et plus l’économie du « spectacle ». Avec cette conséquence : l’apparition de modes parallèles, subversifs, violents parfois, au dessein contre-culturel : indigénisme latino-américain, anti-autoritarisme dans les états forts, actions de type « TAZ » (« Zone d’Autonomie Temporaire »). Un inventaire plus varié qu’il n’y paraît.

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Frontières, par Paul Ardenne

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MOTOPOETIQUE dans Art Press

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Demain soir ! Video Forever 15 *Fantômes*

© Pierre Mazingarbe, Ce qui me fait prendre le train, 2013

Video Forever 15 *Fantômes*
Jeudi 6 Février, 19h
Studio Frank Perrin
22 rue Visconti – 75007 Paris
code porte : “P”

Avec les vidéos de Elisabetta Benassi, Andrea Cera, Leo Cheynet, Giulio Delvè, Niklas Goldbach, Mina Kallinnen, Ali Kazma, Pierre Mazingarbe, Laurent Pernot, Fernando Prats, Niina Suominen & more

La question centrale : celle de la hantise. La réponse centrale mariée à cette question : par quoi sommes-nous hantés ? De quoi, de qui sommes-nous la hantise ?

L’être n’existe que hanté – parcouru par d’autres êtres, les fantômes. Impossible d’échapper à la hantise. Nous avons nos souvenirs, nous avons nos morts, nous avons nos remords, nos regrets. Nous avons même notre avenir. Rien de tout cela, nous ne l’avons vraiment à nous. Qu’est-ce que le “fantôme”, comme l’enseigne l’étymologie du mot, phantasma en grec, fantosma en latin tardif : ce que nous ne possédons pas de notre vie vécue ou rêvée. Ce que nous avons perdu ou que nous ne sommes pas sûrs de posséder jamais. Un fantasme qui s’incarne dans une représentation de l’ “infravie”. Le moi, c’est la vie. Le fantôme, c’est l’infravie. On vit autant de la vie que de l’infravie. De la vie, parce qu’il nous faut affronter le réel pour avoir une chance d’y survivre. De l’infravie, parce que la vie que nous menons enregistre de facto des pertes, des défaites, des manquements, de l’impossession. Être possédé par le fantôme est à la mesure de l’impossession dont notre corps vivant est la mesure.

Paul Ardenne

Remerciements : AV-arkki, Helsinki ; Magazzino, Roma ; Albertine de Galbert ; Le Fresnoy ; Galeria Joan Prats, Barcelona ; Galerie Odile Ouizeman, Paris ; Supportico Lopez, Berlin

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Jacques Coulais Pictor Maximus Jeudi 30 janvier, conférence de Paul Ardenne au Musée d’Agesci

Jacques Coulais - Rencontre avec Barbara Polla et Conférence de Paul Ardenne

Vidéophiles, Save the dates !

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Pierre Mazingarbe, Ce qui me fait prendre le train, 2013
Pierre Mazingarbe lauréat du prix Analix Forever 2012

La prochaine session de VIDEOFOREVER aura lieu le jeudi 6 février à 19h au 22 Visconti, chez Frank Perrin, sur le thème des Fantômes

Et nous avons aussi le plaisir de vous annoncer une session à Helsinki, le mercredi 2 avril et une session à Chamarande, à l’approche de l’été (date à préciser)

Et les deux précédentes sessions seront bientôt online, stay tuned !

Video Forever Edition 14 : Les paysages sont aussi intérieurs

courtesy Mat Collishaw / Ron Arad, Sordid Earth, 2011

Video Forever 14 avec Paul Ardenne
*Les Paysages sont aussi intérieurs*
Musée de la Chasse et de la Nature

Mercredi 18 Décembre, 19h
62 Rue des Archives – 75003 Paris

Avec des vidéos de

Andreas Angelidakis, Mat Collishaw, Leslie Deere, mounir fatmi, Niklas Goldbach, Frank Perrin, Fernando Prats & more

Les paysages qui nous entourent, les paysages extérieurs, leurs représentations et manipulations par les artistes modulent continuellement nos perceptions, nos visions, nos “paysages intérieurs” ; de la même manière, nos propres paysages intérieurs, tels que nous les construisons par assemblages d’images stockées, ou tels que les artistes nous les évoquent, continuellement modulent notre perception des paysages extérieurs. Cette manière dont les paysages deviennent presqu’automatiquement intérieurs, dans un aller retour constant, fera l’objet de cette séance.

Pour cette dernière séance de l’année 2013, et la troisième au Musée de la Chasse et de la Nature, nous vous proposons également un moment festif, à la fin de la séance.