Category Archives: Histoire de l’art contemporain

Frontières, par Paul Ardenne

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Lire le texte, ici.

MOTOPOETIQUE dans Art Press

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Demain soir ! Video Forever 15 *Fantômes*

© Pierre Mazingarbe, Ce qui me fait prendre le train, 2013

Video Forever 15 *Fantômes*
Jeudi 6 Février, 19h
Studio Frank Perrin
22 rue Visconti – 75007 Paris
code porte : “P”

Avec les vidéos de Elisabetta Benassi, Andrea Cera, Leo Cheynet, Giulio Delvè, Niklas Goldbach, Mina Kallinnen, Ali Kazma, Pierre Mazingarbe, Laurent Pernot, Fernando Prats, Niina Suominen & more

La question centrale : celle de la hantise. La réponse centrale mariée à cette question : par quoi sommes-nous hantés ? De quoi, de qui sommes-nous la hantise ?

L’être n’existe que hanté – parcouru par d’autres êtres, les fantômes. Impossible d’échapper à la hantise. Nous avons nos souvenirs, nous avons nos morts, nous avons nos remords, nos regrets. Nous avons même notre avenir. Rien de tout cela, nous ne l’avons vraiment à nous. Qu’est-ce que le “fantôme”, comme l’enseigne l’étymologie du mot, phantasma en grec, fantosma en latin tardif : ce que nous ne possédons pas de notre vie vécue ou rêvée. Ce que nous avons perdu ou que nous ne sommes pas sûrs de posséder jamais. Un fantasme qui s’incarne dans une représentation de l’ “infravie”. Le moi, c’est la vie. Le fantôme, c’est l’infravie. On vit autant de la vie que de l’infravie. De la vie, parce qu’il nous faut affronter le réel pour avoir une chance d’y survivre. De l’infravie, parce que la vie que nous menons enregistre de facto des pertes, des défaites, des manquements, de l’impossession. Être possédé par le fantôme est à la mesure de l’impossession dont notre corps vivant est la mesure.

Paul Ardenne

Remerciements : AV-arkki, Helsinki ; Magazzino, Roma ; Albertine de Galbert ; Le Fresnoy ; Galeria Joan Prats, Barcelona ; Galerie Odile Ouizeman, Paris ; Supportico Lopez, Berlin

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Jacques Coulais Pictor Maximus Jeudi 30 janvier, conférence de Paul Ardenne au Musée d’Agesci

Jacques Coulais - Rencontre avec Barbara Polla et Conférence de Paul Ardenne

Vidéophiles, Save the dates !

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Pierre Mazingarbe, Ce qui me fait prendre le train, 2013
Pierre Mazingarbe lauréat du prix Analix Forever 2012

La prochaine session de VIDEOFOREVER aura lieu le jeudi 6 février à 19h au 22 Visconti, chez Frank Perrin, sur le thème des Fantômes

Et nous avons aussi le plaisir de vous annoncer une session à Helsinki, le mercredi 2 avril et une session à Chamarande, à l’approche de l’été (date à préciser)

Et les deux précédentes sessions seront bientôt online, stay tuned !

Video Forever Edition 14 : Les paysages sont aussi intérieurs

courtesy Mat Collishaw / Ron Arad, Sordid Earth, 2011

Video Forever 14 avec Paul Ardenne
*Les Paysages sont aussi intérieurs*
Musée de la Chasse et de la Nature

Mercredi 18 Décembre, 19h
62 Rue des Archives – 75003 Paris

Avec des vidéos de

Andreas Angelidakis, Mat Collishaw, Leslie Deere, mounir fatmi, Niklas Goldbach, Frank Perrin, Fernando Prats & more

Les paysages qui nous entourent, les paysages extérieurs, leurs représentations et manipulations par les artistes modulent continuellement nos perceptions, nos visions, nos “paysages intérieurs” ; de la même manière, nos propres paysages intérieurs, tels que nous les construisons par assemblages d’images stockées, ou tels que les artistes nous les évoquent, continuellement modulent notre perception des paysages extérieurs. Cette manière dont les paysages deviennent presqu’automatiquement intérieurs, dans un aller retour constant, fera l’objet de cette séance.

Pour cette dernière séance de l’année 2013, et la troisième au Musée de la Chasse et de la Nature, nous vous proposons également un moment festif, à la fin de la séance.

« Animalités » Conférence introductive à Video Forever de Paul Ardenne

Pour tous ceux qui étaient hier au Musée de la Chasse et de la Nature et pour les autres aussi, le texte de Paul Ardenne pour Video Forever : Art et Animaux

Et save the date pour le 18 décembre, le dernier Vidéo Forever de 2013 !

« Animalités »

Conférence introductive de Paul Ardenne, historien de l’art et écrivain

La convocation artistique de l’animal, de plus en plus intense dans le champ de l’art postmoderne, a une raison d’être « identifiante » : l’animal, à sa façon particulière, porte un peu de mon mystère d’humain, « son-corps », en une proportion délicate à établir, est « mon-corps ».
L’humain, lui aussi, est un « animal ». Il dérive biologiquement du même rameau que le chien ou, en amont, que la méduse, très vieille ancêtre, au gré des accidents naturels, du « hasard » et de la « nécessité » de l’évolution, disent les biologistes François Jacob et Jacques Monod. « L’animal que donc je suis », admet le philosophe Jacques Derrida. Comment oublier que les premières sépultures humaines cumulent ossements humains et animaux ? Que la domestication graduelle des animaux a permis et accéléré, par l’apport d’énergie qu’elle autorise, l’évolution matérielle des hommes ? Qu’il est nous est arrivé à nous, humains, de nous comporter comme des « animaux », en reproduisant sans égard pour notre prochain le principe du Struggle for Life darwiniste : c’est là la thèse d’un Giorgio Agamben lorsque, évoquant les régimes totalitaires du XXe siècle, et le principe du droit du plus fort qui y prévaut, le philosophe italien décèle en ceux-ci une phase sans précédent d’« animalisation de l’humanisation » ? Qu’une large part de notre potentiel affectif, loin de se diriger vers les humains, se destine aux animaux de compagnie, des zoos ou des réserves naturelles ?
L’artiste qui réquisitionne à son profit la figure de l’« animal », et l’artiste vidéaste tout pareil, a tout ceci en tête. Convoquant ce dernier, c’est aussi la pars animalis de lui-même qu’il fait remonter jusqu’à l’œuvre – en espérant que plus de sens soit donné, par le truchement de l’animal, à ce qu’il est. Aucun doute, l’« animal-pour-l’art » est bien un prétexte, élément parmi d’autres d’une stratégie cognitive : « mon-corps » ne supporte pas de ne pas se connaître, de devoir supporter trop de doute. Animal, aide-moi à moins me méconnaître.

(…) lire la suite en pdf ici