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L’URBANISME DU XXIe SIÈCLE – CIVILISER LA VILLE, SI POSSIBLE ET SANS ILLUSIONS / ARCHISTORM #92

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Mai 68, et puis quoi ?

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Ce que les fondations font à l’art contemporain

Avec Philippe Régnier, critique et directeur de la nouvelle revue The Art Newspaper Daily et Paul Ardenne, historien d’art à l’université d’Amiens, commissaire, auteur de “Heureux, les créateurs ? : l’art à l’âge postmoderne: ses amis, ses faux amis, ses ennemis” (déc. 2016).

Il y a une connivence entre un système qui veut une représentation somptuaire de sa puissance, et des acteurs qui sont les livreurs de cette puissance sur le plan de l’apparence. Ainsi se construit une dynamique symbolique à l’avantage du privé.

Fonds Hélène et Edouard Leclerc à Landerneau, La Maison rouge du collectionneur Antoine de Galbert, héritier du groupe Carrefour, fondation Louis Vuitton à Boulogne, fondation Lafayette Anticipations et Collection Pinault qui ouvrira l’an prochain: quelles sont les conséquences de la montée en puissance du domaine privé dans le monde de l’art?

C’est la meilleure et la pire des choses. Il faut faire extrêmement attention: certains artistes conserveront la mainmise sur la création de l’œuvre. D’autres se laisseront aller à une reconnaissance vite gagnée

Si elles font beaucoup parler d’elles, qu’est-ce qui se joue de manière plus souterraine dans cette montée en puissance du privé ? Cohabitent-elles ou concurrencent-elles les grandes institutions publiques ?

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Belly Le Ventre sur Esprit Presse

Le lecteur appréciera au fil des pages de ce roman une écriture riche, inventive et rythmée, imagée et savoureuse. Nous le refermons repus et satisfaits, comme consolés du temps qui passe et des petites misères du quotidien. Justement, à l’heure de l’hyper-vitesse, Belly Le Ventre s’offre comme une délicieuse façon de se poser, de prendre le temps de déguster chaque formule et de reprendre du poids par la lecture de ce texte hyper-calorifique. L’auteur nous conte la tentative des « Ventriens » de conquérir le pouvoir absolu sur les autres « Organiques », après avoir mis à mal le règne utopiste et sans saveur des « Unitaires ». Cette aventure, c’est Belly qui nous la raconte. Ce Ventrien pur gras s’adresse à nous, « Mondiens d’hier », afin de nous annoncer la fin prochaine d’une humanité censée fédérer tous les sens, toutes les sensibilités, tous les organes. Dans le monde imaginé par Paul Ardenne, le sens laisse place à l’organe et entreprend de gagner son indépendance vis-à-vis d’un fédéralisme mou et insipide. Dans ce futur, Belly nous fait alors découvrir la luxuriance hyper-protéinée d’une humanité ventrique pour qui seuls comptent le plaisir et la nourriture, que dis-je, l’engouffrement : « Le ventre agit pour être satisfait, point. » Une façon de questionner la phase anale de notre société, où nous passons notre temps et dépensons toute notre énergie à nous regarder, à nous dévorer, à nous repaître de nos instincts les plus vils ? Belly, le Gargantua du xxie siècle ?

Bertrand Naivin

Paul Ardenne dans “Milenio”, Mexico City

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Une histoire inimaginable que pourtant Paul Ardenne a imaginée

Belly le Ventre s’adresse aux gens du passé, c’est-à-dire aux gens d’aujourd’hui, pour leur conter une histoire qui se passe sur Terre, dans le futur. Une histoire inimaginable, que pourtant Paul Ardenne a imaginée, comme une fable sur le pouvoir et sur les hommes, lesquels, bourrés de contradictions, se veulent à la fois semblables et différents les uns des autres.

Au début était la République Unitaire: ses partisans avaient mis fin à la Querelle des Pas-Pareils. Les Mondiens devaient être tous pareils: tous pareils on ne peut pas se jalouser, se voler, se haïr. Il n’y aurait plus de violences, oh la belle vie tendre et molle! Tous pareils on n’a plus qu’à jouir de soi en étant sûr de ne pas susciter l’envie d’autrui.

Cet égalitarisme intégral n’était pas du goût de tout le monde. Les Organiques conspirèrent contre cet État monstre qui leur avait ôté leur identité. Pour l’abattre, ils se coalisèrent et créèrent la Forte Alliance des Huit Organes, la FAHO, c’est-à-dire l’alliance de ceux qui sont du Ventre, de l’Oeil, du Nez, du Cerveau, du Muscle, de l’Oreille, du Sexe et du Coeur.

Les Unitaires prétendaient, eux, qu’ils étaient de tous ces organes à la fois, des tout-en un. Belly, son nom pléonastique l’indique, est du Ventre, organe supérieur aux autres: en mangeant on peut continuer à vivre sans voir, sans sentir, sans penser, sans bouger, sans entendre, sans forniquer ou sans aimer, tandis que sans manger on ne peut tout simplement pas vivre…

La victoire de la FAHO sur la République Unitaire a d’ailleurs été acquise grâce à la stratégie guerrière des Ventriens, créer la faim: parce-que-si-tu-bouffes-pas-tu-crèves. C’est alors que l’Apartheidie Fraternelle a été fondée, la patrie des Organiques réunis, des heureux séparés, basée sur ce principe sage et pétri de bon sens: si l’on est différents, on ne vit pas ensemble:

On n’est même pas obligés de nous aimer, oh que non, on coopère si on veut et si l’on ne veut pas, eh bien on ne coopère pas. Évidente, limpide, cristalline Apartheidie que la nôtre! Séparés et amis, amis de loin plus que de près. C’est ainsi que nous sommes frères et soeurs, quelle que soit notre obédience.

Rien n’est durable en ce monde, les êtres et les choses tout comme les régimes politiques. Belly raconte ce qu’il advient de cette fraternité entre obédiences quand l’une d’elles vise à la suprématie. Ce picaro raconte aussi les moeurs de son obédience avec un vocabulaire que n’aurait pas désavoué François Rabelais ou que Jean-Marie Bigard ferait sien…

Il va de soif qu’un Ventrien comme Belly s’exprime en rotant et en pétant – pour ne pas dire davantage -, que ses propos sont de haute graisse et qu’il faut de l’estomac – et ne pas avoir les foies – pour avaler ce pavé parfois saignant. Mais la récompense est au bout du volume, dans l’épilogue, où le maître à penser du narrateur, Ptôse le bien nommé, paie de sa personne…

Francis Richard

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Home, Poor Home

Camp Yézidi en plein Erbil – Irak

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