Category Archives: Presse

Home, Poor Home

Camp Yézidi en plein Erbil – Irak

Pour lire l’article qui paraitra dans Archistorm n°84, cliquer ici.

Gallery

L’Œil de Paul Ardenne sur Raynaud

This gallery contains 2 photos.

Belly par Jean-Paul Gavard-Perret : jouissif et terrible

Le « tout pour la tripe » de Frère Jean des Entommeures duQuart Livre trouve en ce  livre-fleuve d’huile de vieilles noix une nouvelle déclinaison. Il ne conjugue pas le ventre sur la simple appétence personnelle. « Belly » devient une de ces  fables sublimes et grotesques qui traversent la littérature roturière de Rabelais à Jarry jusqu’à Novarina et aujourd’hui Ardenne. Ce dernier n’y va pas par le dos de la cuillère. C’est aussi jouissif que terrible puisque l’auteur montre comment le monde est régi. L’ambition des puissants sous couvert de costumes – parfois à 6000 euros pièces – est de se satisfaire en faisant de tout sujet un serviteur.

L’astuce d’Ardenne tient à la démonstration des agissements du potentat « idéal » à travers la symbolique du corps. Cœur, sexe, cerveau, membres ne sont qu’à la remorque de « Messer Gaster ». L’omnipotent n’est pas le plus important du lieu mais il se fait passer pour tel et tout. Si bien que la “science” ou ce qui en tient lieu est gastrique où n’est pas.

C’est féroce et roboratif à souhait. Il s’agit de s’en payer une bonne tranche avant de retrouver nos vacations farcesques au service du monstre chérissable et sa « surenchair». Niçoises les femmes lui préparent des salades, et les choutes de Bruxelles mitonnent, ce qui donnera suffisamment de CO2 pour faire klaxonner son sphincter. Mâles et femelles ne sont donc que ces « organiques »  prêts à tout pour  offrir l’orgasme à l’ogre qui les digère.

La prouesse épique et épistémologique devient une immense fatrasie physique et politique. Et un tel trip en triperies agit comme laxatif comique au peu que nous sommes : larrons foireux des ladres qui nous gouvernent. Au rang des dévorées et des Jacqueline les fatalistes, Ventriloquie son épouse fait figure de Madame Trump ou Madame Fillon. C’est dire ce qu’il en est du monde. Exit les belles de cas d’X, Chimène  est chimère quand à Belly il chie mère et père.

Au sein de cette cour des miracles, ce harlem des nègres blancs, Ardenne prouve qu’il n’est donc pas qu’analyste mais inventeur de langage – présent déjà dans Sans Visage.  MaisBelly Le Ventre est à ce jour son livre le plus puissant. Celui qui souffre depuis son enfance de ses entrailles, trouve là un moyen d’en faire un opéra – entendons une ouverture. Les miasmes sont parfois insupportables. Mais le livre tord les boyaux.

Jean-Paul Gavard-Perret

Accéder à l’article de Libr-critique en cliquant ici.

Belly le Ventre sur le littéraire

Messer Gas­ter

Le « tout pour la tripe » de Rabe­lais semble aller comme un gant (ou une panse) à Belly. Il est gar­gan­tuesque mais selon un mou­ve­ment qui ne peut le limi­ter à l’image du jouis­seur ava­lant. Il doit com­po­ser avec tout ce qui reste, l’entoure, l’accompagne et qui fait de lui un concerné consterné. Mais sa posi­tion n’est pas seule­ment per­son­nelle et donc for­cé­ment atra­bi­laire. Ardenne fait du héros de sa fable en KK lie” un bliz­zard (vous avez dit bliz­zard) qui souffle sur le monde pour trans­for­mer la farce intime en pam­phlet poli­tique.
D’un corps à l’autre, le mirage est trom­peur : Ardenne fau­file des dunes de nom­bril à la cam­pagne poli­tique si bien que le rose pas­tel du ventre en s’ouvrant prend des cou­leurs de foi­rades. Preuve que son cogito se trans­forme en un « je panse donc je suis ». La ven­trie est potente et n’est là que pour ser­vir ses propres appé­tits. Cer­veau lent, sexe, muscle, yeux et membres se conjuguent afin que le ventre soit unique par le mul­tiple. Ils servent la « gas­tro­cause », en deviennent les sol­dats, les vas­saux, la pié­taille. Belly est donc à sa manière une nou­velle ver­sion d’Ubu. Ce qui est divisé, il l’annexe à son pro­fit et dis­cri­mine à sou­hait pour mieux asser­vir à ses envies et sa concupiscence.

Cela appelle à une raie-volution là où tout pour­rait se trans­for­mer en « huile » de vidange. Mais il y a encore loin du pot au sphinc­ter et ses fines brumes azo­tées. Le ventre devient ainsi l’immense méta­phore gon­flée à sou­hait de l’épopée aussi inhu­maine qu’humaine. Belly reste le porc épique, le maître absolu. La langue de l’auteur lui donne sa puis­sance. Elle montre ici son fonc­tion­ne­ment, son capi­tal sym­bo­lique. S’y sélec­tionnent les abat­tis aux­quels le pou­voir impose une hégé­mo­nie qui les tient à l’écart tout en les met­tant à son ser­vice.
Ardenne fran­chit la ligne rouge par sa sotie magis­trale. Rien ne plus vivant que cette farce aussi ter­rible que vivante. Au cœur de l’idéologie, elle la fait écla­ter. Et ce, au pays qui se veut celui des droits de l’homme et de l’universalisme. Mais, de fait, l’auteur prouve que la France à sa manière n’est pas mieux que bien des Etats esti­més sans morale.

Le ventre devient l’appareil d’Etat avec ses normes « énhaurmes » accep­tées voire ren­for­cées par les usa­gers, en dépit de leurs dis­cri­mi­na­tions subies et cor­ré­lées à des cri­tères injustes. Les « membres » n’ont plus le pou­voir de ren­ver­ser celui dont il serve l’appétit et la glos­so­la­lie. Il trouve fina­le­ment cela nor­mal, ils ne pro­testent plus. L’omnipotence est accep­tée par les domi­nants et ils y contri­buent. Au gros ventre de la pre­mière répond le gros dos des seconds.

jean-paul gavard-perret

Paul Ardenne, Belly le ventre, Edi­tions La Muette, Le Bord de l’eau, 2017, 352 p.

Accéder à l’article, en cliquant ici.

Heureux, les créateurs?

capture-decran-2017-02-16-a-17-38-13capture-decran-2017-02-16-a-17-34-50

Être ou être biscornu? Le déraillement architectural dans Archistorm hiver 2017

capture-decran-2017-01-16-a-14-40-39

Pour lire l’article paru sur Archistorm hiver 2017 – n° 82, cliquer ici.

Dendromorphies sur NEWS ART TODAY TV

capture-decran-2016-12-02-a-13-33-36

Cliquer sur l’image pour regarder la vidéo.