L’ère de la singularité banale ?

Biennale de Paris IRISA – Institut de Recherche Internationale en Anthropologie de la Singularité Cis.XXI 
Colloque international de la singularité
17 juin 2021
Paris

Communication de Paul Ardenne, écrivain et historien de la culture

La singularité désigne ce qui est unique en son genre : 1. Caractère exceptionnel de ce qui se distingue (en bien ou en mal). Synonymes : étrangeté, originalité. 2. Fait, trait singulier, précise le dictionnaire. La singularité ne s’apprécie que socialement, pour qualifier, chez un individu, ce qui diffère de la norme sociale. Or la singularité est-elle simplement possible dans une société normée par le consensus, les médias et les cultures de masse ? La singularité banale semble bien devoir supplanter dès lors la singularité singulière.

Écologie créative : la plateforme est en ligne

« Écologie créative » est une initiative commune de Point Contemporain et de Barbara Polla, en collaboration avec Paul Ardenne, Marios Fournaris, les artistes engagés dans les « voies vertes » et tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, travaillent à créer le monde d’aujourd’hui et de demain, biologistes, politiciens, libraires, nomades…

La plateforme Écologie créative est multidisciplinaire, ouverte, elle accueille l’improvisation, la narration spéculative, la pratique des fables dans toutes les formes artistiques, les faits scientifiques comme la science-fiction. Elle a comme objectif de promouvoir les tentatives de création d’une nouvelle présence au monde. D’une présence du monde, avec nous, humaines, humains, et les autres. C’est le monde qui vient.

La plateforme Écologie créative donne une place particulière aux liens culturels entre la France et la Grèce, aux artistes grecs, au Nouvel Humanisme et au projet SHARING PERAMA, qui se veut un modèle d’écologie créative entre faits et fictions.

Au-delà de son but d’harmonie bienheureuse entre l’homme et la nature, entre l’homme et le vivant, entre l’homme et l’homme, l’écologie porte souvent en elle toute une série de concepts négatifs : l’annonce d’une fin de notre monde, la disparition des espèces, la nécessité de restreindre, la décroissance, le retour au passé. En nous appuyant sur le foisonnement de l’ « éco-art » et la créativité des artistes écologiques, qui portent souvent un regard très critique sur le monde et l’expriment dans leurs œuvres, nous souhaitons orienter cette plateforme vers un champ d’exploration. C’est un champ fertile de création d’avenirs et de mondes différents qui s’offre à nous.

© Marios Fournaris

http://pointcontemporain.com/ecologie-creative/

Creative ecology: The platform is online from today

“Creative Ecology” is a shared initiative of Valérie Toubas, Barbara Polla and Daniel Guionnet in collaboration with Paul Ardenne and Marios Fournaris, with artists engaged in “green paths” and all of those who, in one way or another, work to create the world of today and tomorrow: biologists, politicians, bibliophiles, nomads …  

The Creative Ecology platform is multidisciplinary and open. It welcomes improvisation; speculative fabulation as defined by Donna Haraway; the practice of fables in every artistic forms; scientific facts as well as science fiction. The Creative Ecology platform is a forum for exploration and discussion. Its purpose is to promote attempts to create a new presence to the world. A presence of the world, with us, humans of all genders, and others. They’re coming : a world is coming. 

The Creative Ecology platform offers a special space for cultural links between France and Greece, i.e., to Greek artists, to New Humanism and to the SHARING PERAMA project, which aims to be a model of creative ecology, linking together facts and fictions.  

Beyond its goal of blissful harmony between human and nature, between man and the living, between man and man and woman, ecology carries with it a whole series of negative concepts: announcement of the end of our world, the disappearance of species, the need to restrict, the decrease, the return to the past. Even ecological artists often take a very critical look at the world and express it in their works, but they also demonstrate tremendous creativity for novel forms of ecology. Relying on this breathtaking proliferation of “eco-art”, we aim to orient this platform towards the most fertile fields of creation of diverse, different worlds, thereby paving our ways to the future.

And on paper : https://revuepointcontemporain.bigcartel.com/

HORIZON VÉRONIQUE CAYE

SAMEDI 29 MAI / GALERIE ANALIX FOREVER

17:00
Conférence de Paul Ardenne, historien de l’art et écrivain, à propos de l’œuvre de Véronique Caye : « Jusqu’à la pointe extrême de la sensibilité informée »

Tout entière, l’entreprise artistique de Véronique Caye se rassemble autour d’une obsession, celle de la vera icona, l’« image vraie », de l’image qui devient le vrai. Ses productions existent à cette fin : faire de l’image non un reflet, un simulacre, ce qu’elle est traditionnellement, mais un vecteur de sens.

À la galerie Analix Forever, Véronique Caye montre pour la première fois ses travaux plastiques dans une exposition personnelle. Courtes vidéos et films intimes forment le socle de cette production « hors scène », inédite. Capture brute du visible, poèmes visuels, pensée mise en images et en texte. Les fédèrent cette stratégie, faire glisser l’image de son statut premier, l’artifice, à celui de vecteur apte à capter, à sécréter l’intelligible.

Plus d’information : https://analixforever.com/horizon-veronique-caye

“Lacaton & Vassal, Pritzker Prize 2021, L’humilité intelligente” par Paul Ardenne. À paraître dans le prochain Archistorm (n° 108, mai-juin 2021)

Le 16 mars dernier, les architectes français Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal se sont vu décerner le prix Pritzker 2021, récompense de haut vol du milieu archi- tectural. Cette consécration, après celles de Christian de Portzamparc et de Jean Nouvel, fait d’eux les troisièmes Français à recevoir ce prix créé en 1979.

La « pritzkerisation » de Lacaton & Vassal célèbre une conception économe, radicale et écosophique de l’archi- tecture. À l’évidence, elle signale aussi une inflexion de l’esprit du Pritzker Prize, en ce sens pas malvenu, vers la promotion de l’éthique et de l’architecture pour tous. Fini, le sacre répétitif des starchitectes hype2. L’heure est venue des architectes responsables (pingres, grinceront certains), un chemin ouvert depuis quelques années déjà par le Pritzker Prize avec la célébration d’Alejandro Aravena et Grafton Architects, tenants, à l’instar de Lacaton & Vassal, de l’architecture modeste à vocation sociale. Le signe que les temps changent? Assurément.

“Architecture carcérale : Peut-on humaniser l’inhumain ?” dans Métalmorphoses, avril 2021

À l’heure de la pandémie et des interrogations qu’elle réactive à propos de la prison, le magazine Métalmorphoses a interrogé Paul Ardenne sur les pratiques artistiques contemporaines de la représentation du corps et les ouvertures qu’elles peuvent apporter à la conception carcérale.

A paraître : “La Bonne ville. Pour une architecture bienveillante”

Tous deux émus par la crise sanitaire liée au virus COVID-19, Paul Ardenne et Alfonso Femia engagent un dialogue franc questionnant les conséquences de la pandémie sur les habitats, les lieux de vie, de travail, de soin, de repos.
Se définissant volontiers comme un architecte de la générosité, Alfonso Femia en appelle désormais au développement d’une architecture du soin. Cette approche humaniste, soucieuse non plus seulement du bien-vivre des habitants mais aussi du bien-être des individus, impose aux architectes une mission longtemps sacrifiée : soigner, prendre soin, et notamment des défavorisés, des malades, des isolés, des jeunes et des aînés.
Comment offrir une architecture adaptée attachée à satisfaire et prendre soin de chaque individu ? Que pourrait être un bâtiment protecteur ? Portés par leurs convictions et leurs visions de l’architecture, Paul Ardenne et Alfonso Femia tentent dans cette conversation de proposer des pistes pour construire le logement, l’école ou l’hôpital de demain.

Parution : avril 2021
Editions Ante Prima Consultants

Que sont les NFT, ces œuvres numériques qui bouleversent le monde de l’art ?

Sur France culture, Guillaume Erner reçoit Paul Ardenne, écrivain et historien de l’art, auteur notamment de Heureux, les créateurs ? aux éditions La Muette.

NFT. Trois lettres qui signifient non-fungible tokens, littéralement “jetons non fongibles”. Les NFT se négocient dans cet univers parallèle qu’est la blockchain où s’échangent les cryptomonnaies… Des jetons virtuels qui permettent de mettre aux enchères des œuvres musicales, des oeuvres d’art ou même parfois de simples tweets. De quoi s’agit-il ? Pourquoi ces NFT valent-ils des millions ? Sont-ils en train de révolutionner le monde de l’art, de la musique, des collectionneurs et des affaires ? Ou tout cela est-il un leurre ? 

Écoutez l’émission en cliquant ici

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“DEUS EX VAGINA. L’architecture au féminin, un univers spécifique?” dans ARCHISTORM, n°107

À son orée (le paléolithique), l’architecture était une discipline peu «genrée». Logement, construction, aménagement du logis, ces données concernaient le clan, la tribu, le village, tous sexes confondus, hommes comme femmes indifféremment. Quelques dizaines de millénaires plus tard, qu’en est-il ? L’architecture s’est masculinisée.

Il y a à cette masculinisation de multiples raisons. Certaines, peu suspectes d’une confiscation calculée du pouvoir, sont liées à la physique du travail (construire exige de disposer d’une force corporelle, plus intense chez les hommes). D’autres, corrélatives du statut minoré de la femme des sociétés patriarcales, sont moins équitables. Bien des civilisations, archaïques comme contemporaines, confinent la femme au gynécée et aux tâches domestiques : de quoi l’éloigner des études poussées qu’exige l’architecture, discipline adossée à la complexité matérielle et à l’ingénierie. Quant à la culture bourgeoise, elle tend à interdire aux femmes le labeur, carrément : la « bourgeoise » honorable ne travaille pas. Le milieu même de l’architecture et ses usages, enfin, ajoutent à cette discrimination: pas de femmes manageant les chantiers; pas de femmes, en agence, aux postes de pouvoir.

Le début du XXIe siècle s’élève contre cet ostracisme. Les femmes, en nombre, intègrent les écoles d’architecture, créent des agences, bâtissent, trustent les récompenses. La question se pose, du coup, de leur apport à la discipline. Spécificité ou assimilation ? Originalité ou conformisme ?

ONLINE LECTURES | Utopian Thinking and Arts?

© Jean-Daniel Berclaz, Vernissage d’un point de vue, 2012

Utopian Thinking and Arts?

Thursday, February 4, 2021
Organizer, moderator: Kinga German, art historian, associate professor, Institute for Theoretical Studies

Dates, speakers, lecture topics

  • 10:00-11:20 a.m. Dr. phil. Paul Ardenne (UFR des Arts, University of Amiens) art historian, curator: “What art for the Anthropocene?”
  • 11:30-12:50 a.m. Dr. phil. Sebastian Baden (Kunsthalle Mannheim), art historian, curator for contemporary art & sculpture departament Kunsthalle Mannheim: „Art & Politics. Revolutions and Post-Colonial Perspectives in the Art World”
  • 13:40-14:45 p.m. Dr. phil. Noemi Smolik (Prague, Frankfurt am Main), art historian, art critique: “The Russian Avant-Garde: A Projection Screen for Modern Utopian Thinking?”

Lectures will be held through zoom, they are open, public and subject to registration.
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