“La tentation de l’architecture populiste” dans ARCHISTORM, n°106

Plusieurs grands dirigeants politiques de ce monde — pilotant tous, sans exception, des régimes autoritaires — ont pu s’émouvoir ces derniers temps des « excès » de l’architecture contemporaine. Qu’il s’agisse du président américain Donald Trump, du leader turc Recep Tayyip Erdoğan, du dirigeant chinois Xi Jinping, tous reprochent à l’architecture des débuts du XXIe siècle son caractère irrespectueux de la tradition et ses outrances en matière de conception ou de style. Leur credo est celui de ce qu’on a appelé, au début du XXe siècle, lorsque l’esprit moderne se déchaînait et bousculait les valeurs acquises, le «retour à l’ordre».

L’architecture dite « populiste » est celle qu’affectionnent ces dirigeants. Quelque forme qu’elle prenne, celle-ci se nourrit de l’idée que toute mutation du style, qui est une mutation de la conscience, doit être, plus encore que contrôlée, éradi- quée. Si l’architecture populiste déteste, à l’instar de la Beauté baudelairienne, « le mouvement qui déplace les lignes », c’est d’avoir en horreur tout ce qui est de nature à signifier que le monde bouge et change. Traditionnelle par essence, elle est réactionnaire par volonté de faire prévaloir le vocabulaire du passé, contre celui de l’avenir : au principe que le passé est source d’identité vraie, référence porteuse de solidité, de durée, de stabilité. Elle est aussi, au risque de surprendre, humaniste, en ce qu’elle vise l’apaisement mental : de grâce, cachez-nous ces bâtiments modernistes qui heurtent notre sensibilité, la troublent et en éparpillent les repères !

— Un mal, l’architecture populiste ? Un bien, malgré le mépris qu’elle inspire dans les cercles éclairés ? […]

Larmes de sang sur la Marianne d’Obey : art ou vandalisme ?

“Liberté, Egalité, Fraternité”, la célèbre fresque monumentale en bleu blanc rouge de l’artiste de street art, Obey, peinte sur le mur d’un immeuble du 13è arrondissement parisien a été revisitée par un collectif d’anonymes, qui y ont peint des larmes de sang et rayé la devise républicaine.

Dans la Question du Jour de France Culture, Guillaume Erner reçoit Paul Ardenne, écrivain et historien de l’art, auteur notamment de « Heureux, les créateurs ? » ed. La Muette, co-auteur avec Marie Maertens de « 100 artistes du Street Art », ed. La Martinière (2011).

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Lectures poétiques “Équinoxes : VIVRE !”

Haleh Chinikar © Silvia Cappella. Courtesy of Fondation Thalie

LECTURES POÉTIQUES JEUDI 17 DÉCEMBRE 2020 — 19:00 > 21:00

Équinoxes : VIVRE !

S’il est une chose que nous voulons en ce moment, c’est Vivre ! Et voir Tananarive…
VIVRE

De toutes parts, des menaces sur notre santé, notre environnement, notre « viabilité » – mais nous vivons ! L’hiver nous engourdit, la nuit est tôt tombée, nos membres sont roides, les feux semblent s’éteindre, les portes se ferment, l’eau coule sous la glace – mais nous vivons ! Les loups sortent en ville et ravagent les forêts urbaines, les villages sont déserts, les livres se closent, les lèvres se cousent – mais nous vivons ! Le temps fait une pause, les corps sont insurgés, le brouillard impénétrable, les aubes tardent – mais nous vivons ! La poésie nous porte. Elle porte nos mots, nos armes, nos défenses d’ivoire, notre à-venir. Vivre, n’importe comment, dans le désordre, la rébellion, le tumulte, vivre dans le vent – et voir Tananarive…

« Dans un tumulte au silence pareil,
Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre ! »
Paul Valéry

Lecteurs invité.es : Paul Ardenne, Dimitris Bampilis, Vincent Barras, Greta Bellamacina, Véronique Caye, Mélanie Chappuis, Marion Collé, Emmanuelle Destremau (alias Ruppert Pupkin), Miranda Gold, Nathalie Guiot, Emeric Lhuisset, Olivier Liron, Naomi Melville, Robert Montgomery, Golnoosh Nour, Taïla Onraedt, Adrian Filip, Julien Serve, Jérémy Seydoux

Programmation : Barbara Polla

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“AÉROSOLthérapie” à l’espace Topographie de l’art

VAPORISER-CRÉER, DE LA LÉGÈRETÉ À LA DENSITÉ
Paul Ardenne
écrivain et historien de l’art

L’exposition « AÉROSOLthérapie » présente divers travaux plastiques de quinze peintres ou dessinateurs utilisant tous l’aérosol ou l’ayant utilisé – Larry Deyab, Roland Topor et Jules Olitski, de la partie, sont décédés respectivement en 2016, 1997 et 2004. Cette utilisation s’avère d’une nature variée. Certains artistes ont recours à la bombe de peinture de manière exclusive pour tracer ou recouvrir la toile ou le support du dessin. D’autres, plus parcimonieux ou plus aventureux, l’utilisent à l’appui de manières de peindre ou de dessiner plus conventionnelles.
Le spray, l’acte de vaporisation, vient dans ce cas enrichir leur palette, la composition et l’effet stylistique produit. L’aérosolthérapie, technique de soin qui fournit à l’exposition son intitulé, consiste à faire inhaler à un malade, par nébulisation, des médicaments en suspension dans un gaz, et ce, pour acheminer dans ses voies respiratoires un microbrouillard (l’aérosol au sens strict) de substances curatives. Rapporté à l’expression artistique, le principe aérosol-thérapeutique entend suggérer que la peinture aérosol, la Spray Painting, n’est pas sans effet sur l’état même de la représentation, picturale comme graphique. Légère par sa matière mais dense par ses effets, celle-ci peut agir comme une relance inventive, comme un renforcement, comme un étai bénéfique. Son pouvoir de dynamiser l’art pictural ou le dessin en fait un allié essentiel, fraternel, secourable au besoin, de la création plasticienne. […]

AÉROSOLthérapie
Topographie de l’art, 15 rue de Thorigny, 75003 Paris
Exposition du 04 décembre 2020 au 13 février 2021
Commissaires : C.N. Jelodanti (Clara Djian & Nicolas Leto)
avec : Christian Aubrun, Bruno Bressolin, Larry Deyab, Jean Faucheur, Frédéric Fleury, Orsten Groom, Hippolyte Hentgen, C.N. Jelodanti, Rainier Lericolais, Renée Levi, Jules Olitski, Jim Sanders Shoboshobo, Sindre Foss Skancke, Roland Topo



“INCORRECT” dans Le Focus Vif

par Philippe Manche

À L’OCCASION DE LA SORTIE DE L’OUVRAGE INCORRECT, QUI RETRACE L’IRRÉVÉRENCE DANS LA FRANCE DES ANNÉES 70 ET 80, L’ÉCRIVAIN ET HISTORIEN DE L’ART PAUL ARDENNE ET QUELQUES AUTRES (JEAN-YVES LAFESSE, JAN BUCQUOY) S’INTERROGENT SUR LA DISPARITION DU POLITIQUEMENT INCORRECT ET LE RISQUE POUR NOS DÉMOCRATIES VACILLANTES.

“Le bout de la route : une critique apocalyptique ?”

Discussion avec Paul Ardenne sur des questions de Karim Ghaddab, organisée par l’unité de recherche Design et Création de l’Esadse et soutenue par le ministère de la Culture en partenariat scientifique avec les Archives de la critique d’art et artpress.

C’est devenu un truisme que de souligner la multiplication des crises de tous ordres, au début d’un XXIe siècle qui s’est ouvert avec les attentats terroristes du World Trade Center, s’est poursuivi avec la crise financière des subprimes en 2008, puis la crise migratoire depuis une dizaine d’années, la crise écologique et climatique qui désigne notre présent comme “anthropocène”, la crise politique mondialisée qui voit émerger populismes et mouvements sociaux de grande ampleur, et désormais la crise sanitaire liée à la pandémie de covid 19. En regard de cet état de crise généralisé et permanent, la situation de l’art apparaît comme un épiphénomène qui ne concerne qu’une minorité de privilégiés. Pourtant, si l’on en croit l’étymologie, la “crise” est un moment “critique”, propre à basculer vers la guérison ou la mort. Par sa capacité supposée de diagnostic, la critique d’art est-elle (encore) en mesure de nous éclairer sur les œuvres et, par conséquent, sur l’état du monde dans lequel elles s’inscrivent ? Dans un contexte d’urgence permanente, peut-elle se montrer réceptive à des œuvres qui ne s’inscrivent pas dans le commentaire de l’actualité ? Peut-elle maintenir des prétentions évaluatrices ou n’est-elle réduite qu’à un exercice communicationnel parfaitement intégré à l’industrie culturelle ? Le délicat tressage que, depuis sa naissance au siècle des lumières, la critique d’art entendait nouer entre rationalité et sensibilité conserve-t-il aujourd’hui sa pertinence ?

Observatoire des Politiques culturelles : “Ce que les arts nous disent de la transformation du monde”

Observatoire des Politiques culturelles
La Méca, Bordeaux , 9 octobre 2020

Ce que les arts nous disent de la transformation du monde”
Table ronde 1
Avec Amélie Essesse, Paul Ardenne, Jean-Philippe Ibos, Olga Kisseleva et Thierry Boutonnier. Animation : Paul Ardenne

De la prise de conscience à la gestion de la crise environnementale, le regard porté sur les alertes scientifiques a considérablement évolué depuis quelques années. La crise sanitaire mondiale que nous traversons expérimente des chemins inédits. Elle interroge de façon plus patente nos modes de vie et nos modèles de société. Comment les arts se font-ils l’écho de ces questionnements ? Si le regard artistique peut apporter son éclairage sur cette transformation du monde à l’ère de l’anthropocène, quelles pourraient être les conséquences, en miroir, de ces bouleversements sur la création artistique ?

“Courants Verts. Créer pour l’environnement” dans la revue ARTLUK

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“L’architecture fin du monde III” dans ARCHISTORM, n°105