VIDEO FOREVER 36 *RÉSISTANCES À LA MARGE*

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Natura Loci en Haute-Gaspésie

Natura Loci, la « nature du lieu » : ces deux termes mariés renvoient par analogie au concept de Genius Loci, de « génie du lieu ». Tout comme chaque lieu, chaque endroit, chaque place ont leur « génie » propre, propice à les distinguer, il en va de même pour ce qui est de leur « nature ». S’intéresser à la « nature » du lieu (plus qu’à son « génie » réel ou supposé) suppose toutefois que l’on s’éloigne du préjugé et de toute approche sublimée. Pour se concentrer, au plus près, sur le lieu lui-même : ses spécificités multiples, son paysage, son cadre de vie, sa population.

« Natura Loci »– l’exposition – prend place au creux d’un village de Haute-Gaspésie, Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine, signalé par son caractère fort.

La Haute-Gaspésie, territoire dur, malmené par le climat, est un univers où la vie s’enracine avec ferveur mais aussi avec difficulté. Un tiers des habitants, depuis trente ans, ont quitté Sainte-Madeleine, bourgade typique de la vie gaspésienne et de ses rigueurs. Si l’activité économique y demeure notoire (bûcherons, sciage du bois, chasse, pêche, tourisme), elle n’est pas sans connaître des aléas et des tensions, au risque de la déshérence. Ce territoire, loué volontiers pour sa beauté supérieure (la « nature » y est triomphante, sauvage, omniprésente), est un rocher auquel l’homme s’accroche de haute lutte. Ici plus qu’ailleurs, il ne faut pas se suffire du « paysage » mais, plus intensément, le vivre, l’expérimenter.

Avec « Natura Loci », le Magasin Général Studio international en création multidisciplinairede Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine met en valeur les créations plasticiennes de trois artistes en résidence, en amont de l’exposition elle-même, Patrick COUTU,Michel DE BROINet Séverine HUBARD, deux Canadiens et une Française donc, pour les convier à travailler à partir du territoire local. Une invitation a également été faite à l’artiste new-yorkaise Janet BIGGS, récente lauréate d’un Guggenheim Award, afin de présenter sa vidéo Warning Shot, une alerte contre le réchauffement climatique et la dégradation environnementale qui affecte notre Planète.

La nature, le paysage, le présent, la mémoire, la vie matérielle, tout ici est prétexte à création, à « artialisation », au terme d’une période de proximité mettant l’artiste au contact du lieu et de ses habitants. Les artistes invités (à l’exception de Janet Biggs, dont le propos est plus universel, quoique non désolidarisé des problèmes que connaît la Haute-Gaspésie) œuvrent à partir du contexte local et en fonction de celui-ci. Une interrelation entre la création et le lieu est attendue, justifiant le principe de la résidence. L’art échange avec l’environnement gaspésien, et vice-versa.

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VIDEO FOREVER 35 *IN THE SCREENING ROOM OF MY SLEEPING BRAIN*

RECONSTRUCTING EDEN IN HUNGARY

Within the framework of the Art Capital Festival, that is dedicated this year to Nature and Pathway, RECONSTRUCTING EDEN is a video exhibition centered on and echoing with the themes of nature, ecology, in and out of pathways, moving, driving, diving, walking, biking, flowing, sailing – living.

“Ecological art” or “eco-art” are the terms used for creative endeavours that promote the cause of sustainable – and beautiful – natural and human environments. Whatever the form taken by works of this tendency – in our case, video – the goal is to heighten public awareness of the multiple issues we face to maintain inviting environments.

“Walking art” is one form of eco-art that roots in art history long before ecology. In the recent years, walking art has extended as navigating art (Janet Biggs), biking art (Shaun Gladwell, Ali Kazma), driving art (Frank Smith) and more generally, as “exploring art” (Ursula Biemann, Janet Biggs, Violaine Lochu, Miguel Angel Rios, Clare Langan), and floating art (Clare Langan, Gianluigi Maria Masucci). Walking art has multiplied and could henceforth be named “Pathway art”.

Whatever the outlook of eco-art, the role of the “eco-artist” combines the position of friends of the earth and sounders of alarms. A deep humanism defines “eco-art”, inseparable from a revitalised vision of life and a re-founded harmony between humanity and its environment.

With the mesmeric moving images of nine international artists,  “RECONSTRUCTING EDEN” is seeking for this harmony, to be perceived along with the improbable, both ghostly and genuine, harmony between the old stones of the ArtMill in Szentendre and the video images of worlds to come, from “subatlantic” to Planet Mars.

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VIDEO FOREVER 35 *RÉSISTANCES À LA MARGE*

MARDI 22 MAI À 19H
VIDEO FOREVER 35 *RÉSISTANCES À LA MARGE*
22 rue Visconti, 75006, Paris

Dans le cadre de l’exposition TALKING ABOUT A REVOLUTION, conçue par Paul Ardenne, Visconti22 et VIDEO FOREVER ont le plaisir de vous inviter à la projection
VIDEO FOREVER 35 *RÉSISTANCES À LA MARGE*

L’artiste, la solitude, la résistance

Avec des vidéos de Volkan ASLAN, Daniel BEERSTECHER, Regina Jose GALINDO, Ali Kazma, Luc MATTENBERGER, Frank SMITH, Alicia MERCY, Guendalina SALINI, Khway SAMNONG, Sarah TROUCHE, Tabita REZAIRE & Miguel Angel RIOS.

Solitude et résistance ne font pas forcément bon ménage, la résistance efficace est plutôt du côté du groupe, de la phalange organisée. L’artiste, sauf à opter pour la création en collectif, ou de nature participative, est le plus clair du temps un ouvrier isolé ou qui peut le devenir, emporté dans et par sa propre expérimentation créatrice, parfois bientôt muré en elle, retranché dès lors de la sphère de l’activisme social.

Une résistance solitaire est-elle possible ? La création vécue comme résistance à l’ordre établi, quel qu’il soit, est-elle soluble dans les grands mouvements d’opposition politiques ou éthiques ? Le créateur est porteur d’une « micropolitique », or celle-ci peut-elle être efficace au-delà du cercle restreint de sa propre personne ?

Toute création d’essence artistique est une « résistance » si l’on admet que créer, c’est changer l’ordre du monde. C’est parce que le monde n’est pas celui que nous attendons que nous y ajoutons une création de notre main. En cela, créer c’est résister au monde tel qu’il est, en le modifiant par l’apport de l’œuvre d’art. Il est bien entendu, ici, qu’on désigne une « résistance » qui est d’abord intime avant d’être sociale. L’œuvre d’art, ici, signe ma capacité à ne pas me laisser submerger par la réalité et, de concert, elle témoigne de la prise que je puis avoir sur cette dernière, dont, dans cette réalité générale, ma propre réalité.

Solitude donc plénitude. La création solitaire, c’est-à-dire voyant l’artiste développer en lui-même son projet artistique, est un facteur garant de plénitude, prodigue d’un état de bienfait ou de bonheur que les créateurs connaissent bien. Créer est difficile, épuisant souvent. La dynamique créative et la pulsion à la plénitude, cependant, motivent l’existence, satisfont le désir, épanouissent le vouloir-vivre, transportent le corps à la manière de la passion amoureuse, avec le même élan positif. Cette dynamique créative est un projet, elle tend à une concrétisation de l’œuvre d’art qui est pour le créateur un témoignage de son potentiel accomplissement vital. Résister, en fait, se vit d’abord en solitude. En se donnant à soi-même, à ses inflexions propres et à ses tensions intimes dans un élan de désir.

Avant de résister à quoi que ce soit, en fait, le créateur artistique doit se donner sans résistance à son projet. Si désir de résistance il a, ce désir ne saurait s’exaucer et se satisfaire sans le préalable du don de soi à soi. De la micropolitique vers la macropolitique, en somme, et pas le contraire.

Présentation de Paul Ardenne, Barbara Polla & Nicolas Etchenagucia
Réservation auprès de barbara.s.polla(a)gmail.com.

TALKING ABOUT A REVOLUTION AU 22VISCONTI

“Talking About A Revolution” , l’exposition, emprunte son titre à une célèbre chanson de Tracy Chapman. Parler de la révolution, donc, à défaut de la faire. Les artistes conviés à exposer au22Visconti en ce mois de mai2018, cinquante ans donc exactement après Mai68, ne sont pas tant des révolutionnaires, des activistes, que des “irréconciliés”. N’ayant pour la plupart aucune illusion quant à la durabilité du capitalisme et de son système d’exploitation planétaire, ils expriment cependant l’espérance d’un mieux-disant politique et social tout en restant des témoins vigilants. Ayant connu Mai68 ou pas, ils ont soin d’éviter les postures ancien combattant ou héros de la liberté chérie et privilégient en lieu et place un comportement ainsi qu’une création “concerned” , comme disent les Anglo-saxons – préoccupée.

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Mai 68, et puis quoi ?

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