“Architecture carcérale : Peut-on humaniser l’inhumain ?” dans Métalmorphoses, avril 2021

À l’heure de la pandémie et des interrogations qu’elle réactive à propos de la prison, le magazine Métalmorphoses a interrogé Paul Ardenne sur les pratiques artistiques contemporaines de la représentation du corps et les ouvertures qu’elles peuvent apporter à la conception carcérale.

A paraître : “La Bonne ville. Pour une architecture bienveillante”

Tous deux émus par la crise sanitaire liée au virus COVID-19, Paul Ardenne et Alfonso Femia engagent un dialogue franc questionnant les conséquences de la pandémie sur les habitats, les lieux de vie, de travail, de soin, de repos.
Se définissant volontiers comme un architecte de la générosité, Alfonso Femia en appelle désormais au développement d’une architecture du soin. Cette approche humaniste, soucieuse non plus seulement du bien-vivre des habitants mais aussi du bien-être des individus, impose aux architectes une mission longtemps sacrifiée : soigner, prendre soin, et notamment des défavorisés, des malades, des isolés, des jeunes et des aînés.
Comment offrir une architecture adaptée attachée à satisfaire et prendre soin de chaque individu ? Que pourrait être un bâtiment protecteur ? Portés par leurs convictions et leurs visions de l’architecture, Paul Ardenne et Alfonso Femia tentent dans cette conversation de proposer des pistes pour construire le logement, l’école ou l’hôpital de demain.

Parution : avril 2021
Editions Ante Prima Consultants

Que sont les NFT, ces œuvres numériques qui bouleversent le monde de l’art ?

Sur France culture, Guillaume Erner reçoit Paul Ardenne, écrivain et historien de l’art, auteur notamment de Heureux, les créateurs ? aux éditions La Muette.

NFT. Trois lettres qui signifient non-fungible tokens, littéralement “jetons non fongibles”. Les NFT se négocient dans cet univers parallèle qu’est la blockchain où s’échangent les cryptomonnaies… Des jetons virtuels qui permettent de mettre aux enchères des œuvres musicales, des oeuvres d’art ou même parfois de simples tweets. De quoi s’agit-il ? Pourquoi ces NFT valent-ils des millions ? Sont-ils en train de révolutionner le monde de l’art, de la musique, des collectionneurs et des affaires ? Ou tout cela est-il un leurre ? 

Écoutez l’émission en cliquant ici

Image

“DEUS EX VAGINA. L’architecture au féminin, un univers spécifique?” dans ARCHISTORM, n°107

À son orée (le paléolithique), l’architecture était une discipline peu «genrée». Logement, construction, aménagement du logis, ces données concernaient le clan, la tribu, le village, tous sexes confondus, hommes comme femmes indifféremment. Quelques dizaines de millénaires plus tard, qu’en est-il ? L’architecture s’est masculinisée.

Il y a à cette masculinisation de multiples raisons. Certaines, peu suspectes d’une confiscation calculée du pouvoir, sont liées à la physique du travail (construire exige de disposer d’une force corporelle, plus intense chez les hommes). D’autres, corrélatives du statut minoré de la femme des sociétés patriarcales, sont moins équitables. Bien des civilisations, archaïques comme contemporaines, confinent la femme au gynécée et aux tâches domestiques : de quoi l’éloigner des études poussées qu’exige l’architecture, discipline adossée à la complexité matérielle et à l’ingénierie. Quant à la culture bourgeoise, elle tend à interdire aux femmes le labeur, carrément : la « bourgeoise » honorable ne travaille pas. Le milieu même de l’architecture et ses usages, enfin, ajoutent à cette discrimination: pas de femmes manageant les chantiers; pas de femmes, en agence, aux postes de pouvoir.

Le début du XXIe siècle s’élève contre cet ostracisme. Les femmes, en nombre, intègrent les écoles d’architecture, créent des agences, bâtissent, trustent les récompenses. La question se pose, du coup, de leur apport à la discipline. Spécificité ou assimilation ? Originalité ou conformisme ?

ONLINE LECTURES | Utopian Thinking and Arts?

© Jean-Daniel Berclaz, Vernissage d’un point de vue, 2012

Utopian Thinking and Arts?

Thursday, February 4, 2021
Organizer, moderator: Kinga German, art historian, associate professor, Institute for Theoretical Studies

Dates, speakers, lecture topics

  • 10:00-11:20 a.m. Dr. phil. Paul Ardenne (UFR des Arts, University of Amiens) art historian, curator: “What art for the Anthropocene?”
  • 11:30-12:50 a.m. Dr. phil. Sebastian Baden (Kunsthalle Mannheim), art historian, curator for contemporary art & sculpture departament Kunsthalle Mannheim: „Art & Politics. Revolutions and Post-Colonial Perspectives in the Art World”
  • 13:40-14:45 p.m. Dr. phil. Noemi Smolik (Prague, Frankfurt am Main), art historian, art critique: “The Russian Avant-Garde: A Projection Screen for Modern Utopian Thinking?”

Lectures will be held through zoom, they are open, public and subject to registration.
MOME website

“Le Bien et ses Saints : Paul Ardenne”

par Jean-Paul Gavard-Perret

Dès le début du livre tout est en place : Le Bien n’a pas de sexe. C’est pas une robe un jour et un pantalon un autre jour, le Bien. C’est unisexe, le Bien avec majuscule. Tu le sers, le Bien, la Bien, que tu portes une paire de couilles ou que tu portes des seins c’est idem […] Tu vas au Bien avec majuscule comme l’eau du fleuve Charente va à la mer.
À partir de cette pétition de principe quatre amis d’un village perdu du sud-ouest de la France décident tels les trois Mousquetaires de servir la cause du bien. Du Bien avec une majuscule.

Le quatuor multiplie les bonnes actions sans jamais se ménager. Et ce jusqu’au paroxysme dans ce qui devient leur combat et leur religion. Devenus adultes ils s’engagent dans le SSA, le Service de Santé des Armées. Ils sont adoubés soignants en uniformes, “Pro Patriae et Humanitate”.
Mais c’est là que le bât blesse. Leur amour absolu du Bien et de la « soignure » tourne au carnage. Ils deviennent des anges exterminateurs hors de contrôle. Et ce livre écrit durant le Grand Confinement du printemps devient un miroir sur fond de mise en danger universel de la vie humaine – et pas uniquement au nom de la pandémie.

Le roman prend la forme d’un rapport des minutes de l’entretien avec ses juges qu’un des 4 “sauveurs” moralistes – Georges O. – effectue en prouvant qu’il ne peut y avoir d’exception à la règle que les combattants se sont fixés.Le narrateur a préféré supprimer les questions car elles n’apportent rien sinon révéler mon état d’hébétude , écrit-il à la fin de son état des lieux. Il illustre de facto qu’il n’existe pas de degrés dans la monstruosité. Ce qui n’empêchera pas à Georges O de finir sans avoir quitté son mitard. Mais il restera innocent à ses propres yeux. 
Pour lui comme pour ses comparses, pas besoin de chercher midi à quatorze heures. Seul leur “droit” compte. Ses accidents de parcours et le sang qui coule pour le défendre resteront lettres mortes. Ils demeureront donc émissaires du Bien le plus pur. Et ça fait froid dans le dos.

A lire en ligne ici
Paul Ardenne, L’ami du Bien, Le Bord de l’Eau, Bruxelles, octobre 2020, 128 p.-, 15 €

“La tentation de l’architecture populiste” dans ARCHISTORM, n°106

Plusieurs grands dirigeants politiques de ce monde — pilotant tous, sans exception, des régimes autoritaires — ont pu s’émouvoir ces derniers temps des « excès » de l’architecture contemporaine. Qu’il s’agisse du président américain Donald Trump, du leader turc Recep Tayyip Erdoğan, du dirigeant chinois Xi Jinping, tous reprochent à l’architecture des débuts du XXIe siècle son caractère irrespectueux de la tradition et ses outrances en matière de conception ou de style. Leur credo est celui de ce qu’on a appelé, au début du XXe siècle, lorsque l’esprit moderne se déchaînait et bousculait les valeurs acquises, le «retour à l’ordre».

L’architecture dite « populiste » est celle qu’affectionnent ces dirigeants. Quelque forme qu’elle prenne, celle-ci se nourrit de l’idée que toute mutation du style, qui est une mutation de la conscience, doit être, plus encore que contrôlée, éradi- quée. Si l’architecture populiste déteste, à l’instar de la Beauté baudelairienne, « le mouvement qui déplace les lignes », c’est d’avoir en horreur tout ce qui est de nature à signifier que le monde bouge et change. Traditionnelle par essence, elle est réactionnaire par volonté de faire prévaloir le vocabulaire du passé, contre celui de l’avenir : au principe que le passé est source d’identité vraie, référence porteuse de solidité, de durée, de stabilité. Elle est aussi, au risque de surprendre, humaniste, en ce qu’elle vise l’apaisement mental : de grâce, cachez-nous ces bâtiments modernistes qui heurtent notre sensibilité, la troublent et en éparpillent les repères !

— Un mal, l’architecture populiste ? Un bien, malgré le mépris qu’elle inspire dans les cercles éclairés ? […]

Larmes de sang sur la Marianne d’Obey : art ou vandalisme ?

“Liberté, Egalité, Fraternité”, la célèbre fresque monumentale en bleu blanc rouge de l’artiste de street art, Obey, peinte sur le mur d’un immeuble du 13è arrondissement parisien a été revisitée par un collectif d’anonymes, qui y ont peint des larmes de sang et rayé la devise républicaine.

Dans la Question du Jour de France Culture, Guillaume Erner reçoit Paul Ardenne, écrivain et historien de l’art, auteur notamment de « Heureux, les créateurs ? » ed. La Muette, co-auteur avec Marie Maertens de « 100 artistes du Street Art », ed. La Martinière (2011).

POUR ÉCOUTER, CLIQUEZ ICI

Lectures poétiques “Équinoxes : VIVRE !”

Haleh Chinikar © Silvia Cappella. Courtesy of Fondation Thalie

LECTURES POÉTIQUES JEUDI 17 DÉCEMBRE 2020 — 19:00 > 21:00

Équinoxes : VIVRE !

S’il est une chose que nous voulons en ce moment, c’est Vivre ! Et voir Tananarive…
VIVRE

De toutes parts, des menaces sur notre santé, notre environnement, notre « viabilité » – mais nous vivons ! L’hiver nous engourdit, la nuit est tôt tombée, nos membres sont roides, les feux semblent s’éteindre, les portes se ferment, l’eau coule sous la glace – mais nous vivons ! Les loups sortent en ville et ravagent les forêts urbaines, les villages sont déserts, les livres se closent, les lèvres se cousent – mais nous vivons ! Le temps fait une pause, les corps sont insurgés, le brouillard impénétrable, les aubes tardent – mais nous vivons ! La poésie nous porte. Elle porte nos mots, nos armes, nos défenses d’ivoire, notre à-venir. Vivre, n’importe comment, dans le désordre, la rébellion, le tumulte, vivre dans le vent – et voir Tananarive…

« Dans un tumulte au silence pareil,
Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre ! »
Paul Valéry

Lecteurs invité.es : Paul Ardenne, Dimitris Bampilis, Vincent Barras, Greta Bellamacina, Véronique Caye, Mélanie Chappuis, Marion Collé, Emmanuelle Destremau (alias Ruppert Pupkin), Miranda Gold, Nathalie Guiot, Emeric Lhuisset, Olivier Liron, Naomi Melville, Robert Montgomery, Golnoosh Nour, Taïla Onraedt, Adrian Filip, Julien Serve, Jérémy Seydoux

Programmation : Barbara Polla

Écouter les lectures poétiques Equinoxes : 

  • Pour plus d’interactions LIVE avec les lecteurs et postez vos commentaires, inscrivez-vous sur zoom ou sur la page Facebook de la Fondation Thalie
  • Les lectures sont aussi à suivre en direct sur la page de l’événement sur le site de la Fondation Thalie